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Le hameau de Montcalm

jeudi 18 janvier 2018, par Archives

Un petit paradis à découvrir

Voici ce qu’en disait Eliane LAPORTE en Mars 1998

Montcalm, à quelques kilomètres d’Aigues-Mortes et des Saintes, prestigieuses cités l’une et l’autre, nimbées de légendes et d’histoire, est une sorte de carrefour entre des paysages et des cultures extrêmement variées. De la route, on aperçoit quelques arbres, des maisons nichées dans leurs feuillages, une flèche brisée au-dessus d’un château en ruines... le château de Noilly-Prat.

Sur le plan cadastral et juridique, Montcalm se trouve sur le territoire de Vauvert, mais à quelques encablures d’un côté de la route, on est à Saint-Laurent, de l’autre, c’est Aigues-Mortes. C’est ici que commence la Petite Camargue, avec ses paysages, sinon uniques, du moins très remarqués, comme la sansouire, les "baisses" (petits cours d’eau) perdues dans la grande plaine gonflée d’étangs pendant l’hiver, asséchée et crevassée par le dur soleil d’été.

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Montcalm

Ici, on peut déjà admirer ces étendues sauvages, où se mêlent étrangement, la terre et l’eau, où une flore insolite se cache et abrite bien souvent les espèces animales les plus rares. Entre Aigues-Mortes et Montcalm ce ne sont que vignes et marais, grandes propriétés prestigieuses ayant appartenu à des personnalités très connues :
- Canaverier,
- le Paimpan,
- le Lairan,
- le Daladel,
- la Sylve,
- Soult,
- le mas Neuf,
- la Chapelle,
- la Cigale,
- Quatret,
- Paula,
- Capette...

C’est bien d’un carrefour qu’il s’agit puisqu’en plus des directions déjà citées, une petite route conduit, le long du Rhône, vers Gallician. La moindre draille, dans ce coin, mène vers plusieurs mas aux noms de couleurs variées :
- le mas Blanc,
- le mas Rouge,
- le mas Bleu,
- le mas Vert,
- l’Arc-en-Ciel...

On ne peut les citer tous, car dans ce petit coin béni des dieux, la densité d’habitations est à peine croyable. Il est vrai qu’à l’époque où l’agriculture n’était pas encore motorisée, il fallait des mas importants pour loger les chevaux et la main-d’œuvre importante qu’ils nécessitaient. Les mas logeaient aussi, quantité de familles, des ouvriers agricoles célibataires, les "rafi", qui allaient de mas en mas, au gré des travaux. Cette cellule agricole, semi-familiale, était le “ramonettage”. Certaines ramonettes nourrissaient quelquefois jusqu’à quarante personnes.

Après le dur labeur des vignes, pour se détendre le soir, le café de Juliette et Maurice Blücher, était idéal, c’était plus un lieu d’accueil et d’amitié qu’un café.
L’histoire est présente partout à Montcalm. Les Templiers y ont laissé leurs traces, les noms de nombreuses propriétés le rappellent, d’autres mas portent des noms de l’épopée napoléonienne, enfin plus près de nous, des familles se sont attachées à maintenir ce coin de Petite Camargue : les CARDELL, les MÉZY, les AMIEL. A l’époque bénie des raisins de table, puis des asperges, dont la culture fut implantée par un jeune valencian, employé chez CARDELL, Paco GOMEZ, réfugié politique, résidant avec sa famille à la Cigale, qui avait également initié les autochtones à la culture du riz et même de la cacahuète, le village débordait de vie et d’animation : l’école a compté jusqu’à 90 élèves.
Une école, une chapelle (NdT : voir ci-dessous)avec de très jolis vitraux traditionnels, où l’apéritif est servi l’été, le samedi soir, comme une façon conviviale de prolonger la messe, et où le curé, qui dessert également Aigues-Mortes et Saint-Laurent rêve de crèche vivante à Noél et de pastrage calendal.

Depuis les problèmes vécus par les producteurs d’asperges, les gens du hameau n’ont pas baissé les bras et semblent penser que le tourisme pourrait être un avenir tout à fait supportable. Les mas, souvent très agréables à vivre, peuvent devenir résidences secondaires ou même résidences principales. Plus un terrain de camping, de nombreuses chambres d’hôtes, un hôtel-restaurant, "La Ceinture" bonne étape gourmande, ouvert à l’année et organisateur de randonnées le long du Rhône. Plusieurs manades, des visites de chais, une discothèque mondialement connue, un office de tourisme, des vins réputés, quelques petites entreprises industrielles ou semi-industrielles font de ce coin magnifique un lieu de vie agréable.

Première mise en ligne le 2 novembre 2007

P.-S.

La chapelle de Montcalm est située sur la commune de Vauvert, au sud est de Gallician et de l’étang du Charnier. Elle est accessible par la route départementale 779 depuis Gallician, ou la route départementale 78, à l’est Aigues-Mortes.
La construction de cette chapelle date de la seconde moitié du XIXème siècle. Elle fait partie des dépendances du Château de Montcalm.

Actuellement propriété d’une associassion diocésienne, elle est inscrite aux titres de monuments historiques.
De style néo-romane, de plan carré, elle compte une coupole en son centre. Ses vitraux, d’Édouard Didron, datent de 1886. Ils retracent la vie de Saint Lazare.

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1 Message

  • Le hameau de Montcalm Le 19 janvier 2018 à 06:55 , par Bernard

    Voici ce qu’écrivait Pierre Dupuy dans : "Le guide de la Camargue’

    "A une dizaine de kilomètres d’Aigues-Mortes, à gauche de la route D58 qui mène à Sylvéréal un clocheton jaillit au-dessus des bâtiments agricoles : c’est la tour du Château de Montcalm.

    Il ne faut pas confondre ce château avec le Château de Candiac au nord de Vauvert où naquit Louis de Montcalm en 1712, commandant des troupes françaises au Canada.
    Il fut tué en défendant le Québec le 14 septembre 1759.

    Vers 1830, lors de la vente des biens nationaux un descendant du marquis de Montcalm, acheta les terres qui faisaient autrefois partie de la Sylve Godesque.
    Cinquante ans plus tard, le propriétaire est le non moins célèbre Noily-Prat négociant en vins et du non moins fameux "vermouth" du même nom.

    Sur cette propriété de plusieurs milliers d’hectares, il fit construire un château alimenté en eau douce par une canalisation venant du Rhône où se trouvait la station de pompage.
    Le château d’eau porte la date de 1892. Noily-Prat mourut célibataire en 1932, les héritiers refusèrent la succession ( le taux de taxation à ce nouveau de parenté était prohibitif) et le domaine fut vendu au tribunal.

    Les propriétaires successifs le dépecèrent dispersant les terres et surtout le contenu du château.
    Les Allemands achevèrent l’édifice en récupérant les tuiles des toitures pour en couvrir leurs casemates camouflées ainsi en habitations.
    Après la guerre, les intempéries et un marchand de récupération de matériaux firent le reste.

    Il ne reste aujourd’hui que des pierres et le paratonnerre en perdition "

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