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Mas de Messens ou Mesuargues

mardi 28 mai 2013, par Bernard

Tour du Vallat

L’angellus Missianianus fait partie des donations du testament de St Césaire à son abbaye, vers 542 (1)

Raimond de Felguières vendit à l’archevêque Raimond de Bollène une terre à Mezens, le 30 avril 1181 (2).
Dans le voisinage se trouvait deux chapelles dédiées à St Seren, dont un marais au sud a conservé le nom, et St Roman. Elles sont mentionnées dans l’énumération des églises qui payaient un cens au chapitre d’Arles et que l’éditeur de la Gallia Novissima rapporte à l’an 1220 et à l’an 1216.

Il est probable qu’elles furent de celles que détruisit Raimond VII, comte de Toulouse en 1240, car ces chapelles ne sont plus mentionnées dans la taxe des églises de Camargue vers 1312.
Il est à remarquer que, dans ce dernier acte, l’église de Malmussane est mise sous le vocable de St Pierre, ce qui est probablement un lapsus du scribe.

Le tenementum de Mesurac est mentionné avec celui de Campoisel et la rasiège de Badon dans les privilèges des empereurs Frédéric II, en 1223, et Charles IV, en 1359.
Jean Raynaud, bourgeois d’Arles, était fermier des terres à Mesuargues, le 5 septembre 1369 ; elles étaient bornées par le chemin allant à Ulmet.

Honoré de Romieu possédait des terres à Mesuargues en 1471. Fouquet et Honoré de la Tour en étaient possesseurs en 1484 et 1489.
Madeleine Isnard, femme de ce dernier, fit reconnaissance, le 12 octobre 1512, pour ses terres et pâturages, au lieu dit Mesuargues, d’une contenance de 30 sétérées, confrontant au chemin public d’Ulmet, à l’abreuvage joignant la brassière, et à la « Tour des hoirs de noble Guillaume de l’Estang.
C’est la Tour actuelle dites de Vazel.

Il est question de la Tour du Vallat dans le bulletin archéologique d’Arles de 1890, il est écrit page 152 (Comme la plupart des tours du Rhône, la Tour du Vallat était à la fois un phare et une forteresse ; elle fut fortifiée, en 1122 ; par le Comte de Provence Raymond Bérenger).
Si l’on s’en rapporte à l’étude très documentée sur la formation de la Camargue, de Gauthier-Descautes, notaire en Arles, il parait peu probable que la tour en question ait jamais été un phare ; car, le bras du Rhône, à l’embouchure de laquelle elle se trouvait, dit plus tard Aube de Bouic (3), n’était qu’une dérivation secondaire, débouchant dans des étangs, assez loin dans l’intérieur des terres (4).

Quand à la fortification de cette Tour par Raimond Bérenger, en 1112, il est à peu près certain que c’est une assertion erronée.
Il suffit de se rappeler que le Comte de Barcelone épousa, le 3 février 1112, Douce de Millau, donataire du comté de Provence, du chef de sa mère Gerberge, mais qu’il n’acquit effectivement des droits au comté que par la donation que lui fit sa femme, le 13 janvier de l’année suivante.

Raimond Bérenger était d’ailleurs en Espagne, au moment de son mariage.
Il y préparait ses troupes contre Bernard-Aton, passa le Pyrénées à leur tête, vers le mois de mai 1112, et signa la paix avec le vicomte de Nîmes, le 8 juin suivant La Lauzière d’après lequel Raimond Bérenger aurait mis en état les fortifications de Provence, en 1112, renseignement qui a servi sans doute au récit publié dans le Musée.

Pierre de la Tour vendit Mesuargues à Gabriel de Varadier, seigneur de Saint Andiol, qui en fit reconnaissance, le 16 novembre 1542.
Gabriel parait avoir laissé une situation embarrassée que se héritiers n’acceptèrent que sous bénéfice d’inventaire.

Le chapitre d’Arles se fit colloquer, au commencement du XVIIIe siècle, sur la majeure partie du domaine de la Tour du Vallat, et en payait le demi-lods, de neuf en neuf ans, à l’abbesse de Saint Césaire, comme on le voit par un acte du 7 novembre 1633, l’église d’Arles conserva ces biens jusqu’au moment de la Révolution.

La tour du Vallat a appartenu au marquis d’Aramon.

P.-S.

- 1/ c’est donc à tort qu’on fait dériver la désignation de Messens, corruption de Missianianus, du mot Mossen.
- 2/ archives des BdR
- 3/ ou plus tôt de Boyc, du nom de la famille possessionnée dans ce territoire.
- 4/ suivant l’étude de Gautier-Descottes d’Avignon, en 1879.

2 Messages de forum

  • Mas de Messens ou Mesuargues Le 2 décembre 2015 à 07:42 , par Bernard

    Cette tour et cette propriété de Messens, étaient a l’embouchure de l" l’Aube de Bouic"

    Répondre à ce message

  • Mas de Messens ou Mesuargues Le 2 décembre 2015 à 11:00 , par Morra

    Bonjour, votre article est très intéressant, il me donne encore un autre argument au sujet de l’atterrissement de la brassière d’Ulmet. Voici une partie de ce que j’ai écrit sur mon blog :

    De nombreux historiens indiquent que la cause principale du départ des religieux vers l’abbaye de Sylveréal, fut le manque d’eau douce par suite de l’atterrissement progressif du Rhône d’Ulmet. A ce sujet, et ce pour tous les anciens bras du Rhône en Camargue, les dates sont des plus variables. Pour celui d’Ulmet, 1197, entre le 12eme et 13 eme siècle, 14 eme etc… Jusqu’en 1440, date ou la ville d’Arles fait obstruer le bras de la Cappe et de ce fait signe la fin des brassières ou bras du Rhône en Camargue, l’appellation « brassière de la Cappe » ou « Brassière du Rhône » est employée à son encontre, ce qui prouve que l’on y trouve de l’eau. Dans le cas contraire le terme « ancienne brassière » est utilisé. . Au début du XVII eme siècle (1617), nous voyons que l’appellation brassière n’est plus utilisée. Une lône (dite de Parade), s’est formée au sud du mas de Romieu, c’est à dire au mas de la Tour de Vazel, qui était sur le tracé du bras.

    « 1617 : confrontant du levant terre et mas de Guinot, du midy la lone dite de parade … »

    Tiré de votre article Mas de Messens ou Mesuargues. Messens =Tour du Vallat. « …Jean Raynaud, bourgeois d’Arles, était fermier des terres à Mesuargues, le 5 septembre 1369 ; elles étaient bornées par le chemin allant à Ulmet. Honoré de Romieu possédait des terres à Mesuargues en 1471. Fouquet et Honoré de la Tour en étaient possesseur en 1484 et 1489.madeleine Isnard, femme de ce dernier, fit reconnaissance, le 12 octobre 1512, pour ses terres et pâturages, au lieu dit Mesuargues, d’une contenance de 30 sétérées, confrontant au chemin public d’Ulmet, à « …l’abreuvage joignant la brassière,… ». Source : suivant l’étude de Gautier-Descottes d’Avignon, en 1879. Il y avait donc encore de l’eau dans la brassière d’Ulmet

    On peut peut-être envisager que la véritable date de l’atterrissement soit plus tardive, et que les crues régulières devaient remettre périodiquement de l’eau dans l’ancien bras. Une erreur similaire est affirmée pour l’atterrissement du Bras de Fer qui d’après beaucoup d’historiens s’est colmaté juste après 1711 date ou le Rhône a changé de lit, alors qu’un document de 1726 donne les détails d’une visite en bateau des iles du bras. Sachant aussi que l’abbaye était à proximité de la boucle du Bras d’Ulmet, à environ 1 km, et qu’il devait y avoir plusieurs roubines pour amener de l’eau douce. A mon avis ce n’est pas le manque d’eau qui fit déménager les moines. Quant au déménagement vers l’abbaye de Sylveréal, celle–ci commencée sans doute dans les années 1230 et élevée au grade d’abbaye en 1251, au même moment celle d’Ulmet devenait un simple prieuré. Les moines se partagèrent ensuite entre les deux abbayes. Certains auteurs indiquent qu’à Ulmet la vie était devenue difficile. Quand on connait la Camargue, il me semble qu’en terme de situation géographique, l’abbaye de Syveréal n’était pas mieux située que celle d’Ulmet, le lieu est au milieu des marais, les moustiques devaient y être aussi nombreux et le climat tout aussi rude. Le transfert des moines d’Ulmet à Sylveréal eut lieu dans la seconde moitié du XIII eme siècle, au plus tard 1270. « L’église et le monastère d’Ulmet ne furent pas abandonnés ; on les laisse aux soins de quelques vieux religieux que l’attrait de la nouveauté ne séduisait pas et qui restaient attachés à leur solitude ; ils avaient pour mission de satisfaire aux fondations pieuses existantes et maintenaient le service divin. Mais ces moines trop peu nombreux désormais, trop délaissés dans leur solitude, trop éclipsés par Sylveréal, sevrés des faveurs royale, oubliés de la magnificence des grands, ne purent pas soutenir longtemps une position devenue primaire. En 1321, il ne restait à Ulmet que deux religieux-prêtres pour y célébrer les offices. C’en était fait de l’Abbaye d’Ulmet ; elle était déchue au rang de simple église rurale, dépendante de Sylveréal. Bientôt elle disparaîtra dans (l’oubli… »

    (Emile Fassin-tablettes d’un curieux- l’Abbaye d’Ulmet- 21 eme série-n° 20-pp151-157)

    Ce n’est finalement qu’en 1437 soit un siècle plus tard, que l’abbaye semble définitivement abandonnée. Les pierres de l’église d’Ulmet servent au XVIIe siècle à construire le mas d’Amphise et à renforcer la digue de l’étang du Fournelet pour protéger les salins de Badon contre les assauts marins. Il parait évident si on s’en tient aux chiffres, qu’entre la date du départ de la majorité des moines vers Sylveréal en 1270 et 1437 ou l’abbaye semble complètement abandonnée, cela fait 167 années. Si il n’y avait soit disant plus d’eau douce pour les moines, comment les restants ont pu survivre pendant tout ce temps ? Bien à vous M Morra

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