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Roi de Camargue (3/4)

lundi 16 mars 2015, par Bernard

Mais ceci n’est rien, pas plus du reste que les multiples erreurs qui se trouvent tout au long du rouleau.
C’est ainsi qu’à un moment , nous retrouvons le gardian Renaud, fiancé de la petite provençale Livette, dans les ruines du théâtre antique d’Arles et on nous dit que Renaud recherche son cheval volé !!!
Espérait-il le retrouver au pied des colonnes illustrées par Louise Sylvain et Madeleine Rock ?

Un article de TAMARISSO, de son vrai nom Marcel Salem, extrait du journal " Le Toril" de 1922

Au point de vue purement Camarguais ou taurin, le film n’est pas plus véridique ni mieux fait, Charles De Rochefort, qui a, dans ce film le rôle du gardian (orthografié Guardian) Renaud, est certes un excellent cavalier, mais il lui manque pas mal de métier pour être comparé aux Baraillé, Papinaud, Nourrit et autres gardians de race. Cela du reste est bien compréhensible et il n’y a aucun reproche a lui faire à ce sujet.

Mais là où le metteur en scène y est allé un peu fort, c’est au moment de la course à la cocarde, qui n’a aucun rapport du reste avec celle décrite par Jean Aicard dans son ouvrage. Ce passage du film est foncièrement truqué pour un esprit un peu averti et quelque peu au courant des choses camarguaises.

En effet : une partie de la course provençale est filmée dans le plan des Saintes, tandis que l’autre partie est prise dans le plan de Beauvoisin.
C’est ainsi qu’a un moment, on voit des raseteurs de métier, parmi lesquels on reconnaît Melette, Coulomb et Navarrito rasetant un gros cocardier, tandis que lorsque Charles de Rochefort est dans le petit plan des Saintes, il travaille une toute petite vache de vingt mois environ.
On a ainsi pendant deux ou trois minutes cette vision dédoublée qui transporte le spectateur des Saintes à Beauvoisin, le fait assister à une course d’un cocardier , puis à un semblant de ferrade, puisque l’artiste attrape et tombe le bouvillon pour le marquer.
Nouvelle erreur du reste, car on ne marque jamais un jeune taureau, dans un plan de village, et les vrais, se font toujours dans une grande « sansouire » , en plein champ. De même qu’il n’est pas vrai que pour dompter ou attraper un cheval sauvage, on lui enroule le « seden » autour des pattes. C’est là un procédé indigne d’un vrai gardian.

Bref, malgré que le roman de Jean Aicard soit loin d’être un chef-d’oeuvre, nous estimons qu’avec le précieux concours des gardians, des manades de taureaux et de chevaux et surtout avec la sauvage beauté du pays de Camargue pour cadre, on aurait pu faire bien mieux, on aurait pu faire surtout bien plus vraisemblable.

Le sujet du film était assez original, assez nouveau, comparé à toutes les insipides comédies mondaines que nous avalons, pour qu’on prenne la peine de soigner un peu plus les détails de mise en scène.
Par exemple, on aurait dû conseiller à la principale interprète de prendre quelques leçons , avant de poser sur son invraisemblable perruque ébouriffée, la délicate coiffe d’Arlésiennes.

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