Le manadier Régis CHAUVET

lundi 21 janvier 2019, par Marcel POL

Article de Marcel Pol.

Dernière mise à jour : 16 janvier 2020

Un article de Marcel Pol paru dans le "Camariguo".

Régis Chauvet habite Noves, en Provence.
Propriétaire exploitant, il possède plusieurs domaines, cultive la vigne et les arbres fruitiers, récolte le foin de la Crau, élève des moutons depuis fort longtemps et des taureaux Camarguais depuis une trentaine d’années .


Mais pour cet homme né en 1907, fils et petit fils de berger, grand afeciouna, gardian amateur dans sa jeunesse, sans cesse attiré par les milieux taurins, la route a été longue pour qu’il puisse enfin assouvir sa passion pour la bouvine avec une responsabilité propre et entière pour ses bêtes.

1956 : la manade Arc en Ciel

En effet ce n’est qu’après le décès de son père qu’il va pouvoir entrer dans une association pour la création de la manade Arc en Ciel, au Petit Badon.
Les origines sont disparates, mais les achats souvent judicieux et cette nouvelle manade a rapidement la chance de de pouvoir présenter de très bon cocardiers tels : Blendor, Salinier, Santen, Dakota, Oécheur, Mounla, Marcelin, Antar, Brutus, Rinard, Lino, Quo Blanco, Petit Quo Blanco, et même les croisés Pétassa et Charron, d’origine Durand qui obtiennent de jolis succès dans les diverses arènes méridionales.

Ses propriétaires associés en étaient fiers et heureux. Mais la vente du petit Badon allait les laisser sans pâturages.
L’association se disloque et la manade Arc en Ciel mise en vente.

1963 : la manade Chauvet-Chapelle

C’était en 1963, et Régis Chauvet qui avait grandement pris goût à l’élevage des taureaux camarguais fonda alors avec sa part de bétail lors de la cession de la manade Arc en Ciel, et les frères Albert et Jean pierre Chapelle du Mas de Pernes une autre association.
Ainsi naquit en 1964 la manade Chauvet-Chapelle en bordure de la route d’Arles à Fos sur la commune de saint Martin de Crau dans les pâturages où alternent prés et bois abrités.

Les bêtes y étaient bien gardées et divers nouveaux achats allaient renforcer la sélection originelle.
Ainsi apparurent d’autres fort bon cocardiers qui avaient pour nom : Aiguilleur, gagnant de la Cocarde d’Or en 1967, Aureillois qui blessa mortellement François Canto, puis Galoubet, Pernais, Epinal, Ramuncho, Mongol, Gendarme etc...

1969 : la manade Régis Chauvet

Malgré ces premiers succès, l’association Chauvet-Chapelle va s’interrompre en une séparation à l’amiable en octobre 1969.

Après tirage au sort des bêtes par lots, le manadier Chauvet décide de s’installer au mas de Cadenet en bordure des marais de Barbegal sur la commune de Fontvieille.

Dans ce mas typiquement provençal entouré de magnifiques pins parasols, la grande bergerie deviendra une immense salle de réception et les vergers laisseront la place aux prairies et installations nécessaires à une grande manade, avec actuellement des arènes en dur entièrement rénovées.

Le manadier Régis Chauvet peut dès lors accueillir d’importantes ferrades de clubs taurins, comités d’entreprises, congressistes etc...
Il est heureux et a, enfin, atteint son but : devenir manadier à part entière seul sur ses propres terres.

Il sait cependant qu’il lui faut un bon bayle et engage donc Edouard Comte qui suit les bêtes depuis la création de la manade Arc en Ciel en 1956.
Malheureusement Edouard Comte décède prématurément en 1972 et sera remplacé par Guy Dumas et Jean Paul Moya, deux gardians également très compétents et tous deux encore en service actuellement en 1992.

Il faut dire que le manadier Régis Chauvet une fois seul responsable, a entrepris une sélection rigoureuse et donné à ses bêtes les pâturages adéquats.
Ainsi, outre le Mas de Cadenet , il a gardé une partie du Mas de Pernes et loué des marais à Fiélouse en Camargue. Deux gardians ne sont pas de trop, ni les gardians amateurs, tous très assidus et grands supporters de cette devise bleu-jaune-vert qui va rapidement remporter de glorieux succès et s’enorgueillir d’un palmarès déjà éloquent avec trois taureaux de l’avenir, six victoires au Trident d’Or, trois coupes du meilleur cocardier de la finale du trophée des As, trois devises d’Or, trois trophée des maraîchers trois trophées San Juan, trois cornes d’Or, trois crochets d’argent, dix trophées de la St Roch, trois souvenirs Pierre Gon, une coupe des chroniqueurs,

Manadier associé depuis 1955, puis manadier seul depuis 1969, Régis Chauvet est devenu après la disparition de Paul Laurent et Fanfonne Guillerme, Jacques Raynaud, le doyen des éleveurs de taureaux de race Camargue.

P.-S.

Article de Marcel Pol pour le Camariguo en 1992


Marcel POL

CHAUVET

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