OURRIAS de Jean Lafont - 1984 (1/2)

vendredi 1er mai 2020, par Marcel POL

Un article écrit en février 1985

La manade Jean LAFONT, du Mas de Sainte-Anne, a réussi une fort belle saison taurine 84 et peut être fière de ses taureaux qui, tout au long de l’année, ont fait grandement honneur a la fameuse devise verte et rouge.

Certes, elle n’a pas eu le Biòu d’Or mais elle a eu le Taureau de l’Avenir — et quel taureau !... — avec Furet et d’autres grands succès avec Bozon aux Saintes-Maries-de-la-Mer et surtout Trajan, meilleur cocardier de la Palme d’Or à Beaucaire, sans oublier naturellement Ourrias, à qui il n’a manqué qu’une ou deux voix pour être Biòu d’Or.


En effet, Samouraï a été proclamé Biòu d’Or par 10 voix contre 9 à Ourrias.

Or, il y a eu un bulletin nul.

Beaucoup disent les supporters de la marque surtout — que si cette voix était allée à Ourrias, il y aurait eu égalité au premier tour et qu’Ourrias l’aurait emporté au second tour. Ce qui en aucun cas ne peut minimiser le succès bien mérité de Samouraï mais seulement pour montrer combien Ourrias et Samouraï étaient près l’un de l’autre.

Cependant, malgré ses beaux succès de 84, la manade Lafont va perdre son plus beau fleuron, le merveilleux Ventadour, 2 fois Biòu d’Or en 77 et 79, Diplôme d’Or en 80, maintes et maintes fois récompensé durant sa longue et exemplaire carrière de cocardier, jusqu’à cette sublime course de la Finale du Trophée de l’Aficion, le 16 octobre 83 aux arènes de Nîmes.

En effet, Ventadour, le glorieux vétéran de la manade, a fait ses adieux au public lunellois le 28 octobre 1984, mais en digne représentant de la devise verte et rouge, il a eu, par la même occasion, l’honneur de présenter au public les grands espoirs de la marque : Furet, le Taureau de l’Avenir 84, Cabanier et Graulen. Une course émouvante pour beaucoup.

 <u>{{Ourrias : un cocardier racé}}</u>

Le chef de file de la manade Jean Lafont devient donc Ourrias, né le 20 février 1974 à Sainte-Anne de la vache Sophie, sœur d’Andreloun, fille de Simone, petite fille de la grande Flourido, une des meilleures cocardières de l’élevage.

Ainsi, Ourrias est un produit d’une grande lignée de la manade, cette famille de Flourido, dont toute la descendance porte des noms provençaux.

Il a donc été baptisé Ourrias, du nom du gardian de " Miréio ", alors qu’Andreloun est le nom du ramasseur d’escargots et Appian (frère d’ Ourrias), le nom du patron du bateau sur le Rhône.

Mais il y a eu aussi de la même lignée Cailaren, Perdigau, Vincent, Charlet, Mousquioun, Gitan et Ventadour, Bozon, plus d’autres de moindre renommée que les afeciouna ou supporters de la manade pourront d’eux-mêmes ajouter à cette liste.

 <u>{{Ses premières courses}}</u>

Ourrias a débuté à 2 ans dans les arènes de Nimes en nocturne pour la Féria de Pentecôte 1976 avec les charlots de la troupe musico-taurine " El Bombero Torero ".
Cependant, ce n’est qu’à 4 ans, en 1978, qu’il court pour la première fois en course camarguaise, cornes nues, aux arènes d’Aigues-Vives. Malheureusement, emporté par sa fougue de jeunesse, il saute beaucoup pour être jugé. Mais pour Jean Lafont, ce n’est pas un défaut pour un taureau jeune et comme il est issu d’une grande lignée, le manadier le juge même favorablement.

 <u>{{Les premiers espoirs}}</u>

En 1979, Ourrias court 4 fois :
- le 15 avril à Vauvert,
- le 21 juillet à Baillargues,
- le 15 août aux Paluds-de-Noves
et
- le 23 septembre à Aigues-Vives.

Ourrias saute toujours les barrières avec agilité, le plus souvent sans raison apparente, mais parfois aussi après l’homme.
C’est un taureau vif et rapide, sans cesse en mouvement, qui poursuit fort bien le raseteur et pousse généralement jusqu’aux planches, mais reste très brouillon.
Jean Lafont lui garde cependant toute sa confiance de par ses origines d’une part, et pour sa débordante combativité d’autre part.

Il a raison car en 1980, il deviendra le grand espoir de la manade.

En effet, en 1980 Ourrias qui a 6 ans, va être sollicité et courir 12 fois :
- le 19 mars à Aigues-Vives,
- le 4 mai au Grau-du-Roi,
- le 18 mai à Beauvoisin,
- le 22 juin, le 3 août et le 5 octobre à Sommières,
- le 23 juillet à Saint-Christol,
- le 6 juillet, le 16 août et le 26 octobre à Vauvert,
- le 7 septembre à Lunel
et
- le 20 septembre à Nîmes.

Ourrias arpente toujours la piste mais saute de moins en moins, répond mieux aux cites des tenues blanches et ses poursuites d’une parfaite aisance sont le plus souvent poussées jusqu’au pourtour où il réalise de jolis coups aux planches et saute parfois après l’homme.
Il gagne ainsi la Coupe de l’Amitié à Beauvoisin et la Coupe Midi Libre le 3 août à Sommières, et confirme bien tous les espoirs mis en lui par son propriétaire et les fervents de la marque.



(Suite...)


Marcel POL

Ourrias - Jean Lafont

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