Une année de Fêtes en Provence (1/4)

dimanche 21 juin 2020, par SalvaJacky CIALDI

Cinq catégories de fêtes composaient l’imposant calendrier de festivités diverses, on y trouvait les fêtes religieuses et civiles, les fêtes votives, les pèlerinages ou roumavage, les fêtes de corporations.


C’était d’abord, bien sûr, le Nouvel An, jour traditionnellement consacré aux visites et aux non moins traditionnelles étrennes.

Quelques jours plus tard, c’était l’Epiphanie ou jour des Rois, fête de l’église rappelant la manifestation du Christ aux gentils et aux mages.

Les iconoclastes (personnes qui ne respectent pas les traditions) étant de plus en plus nombreux, il n’est pas inutile de rappeler que, lors d’un repas réunissant parents, amis et serviteurs, le plus jeune enfant de l’assemblée découpait le gâteau en parts égales, parts qu’il rassemblait dans une assiette prévue à cet effet.

Ensuite, après avoir prélevé une portion dite part de Dieu ou part du pauvre, il remettait un morceau à chacun des convives présents.
Celui qui trouvait la fève [1] était aussitôt proclamé Roi de la fève et élisait à son tour une reine.

On s’en doute, lors de telles réjouissances, ce n’était que rires, chants et danses, le tout clôturé lorsque le roi, suivi par la joyeuse troupe, raccompagnait la reine chez elle.

Les deux monarques du jour étaient alors tenus, tradition oblige ! d’offrir à leur tour un repas.

Le gâteau (et non galette) des Rois en Provence est une brioche ronde avec un trou au milieu, parfumée à la fleur d’oranger, recouverte de sucre cristallisé, surmontée de fruits confits symbolisant les pierres précieuses offertes par les fameux rois mages.

On dit qu’à l’origine, c’était plutôt lors d’une fête païenne bien arrosée que l’on partageait ce gâteau des rois.
Les romains célébraient ainsi, lors des Saturnales, l’allongement des jours avec un gâteau fourré aux figues dans lequel on dissimulait une fève qui aurait désigné le roi de la fête ou le chef de la garnison.

A ne pas confodre :
- notre gâteau des Rois
et
- la galette des Rois qui naît - sous cette forme - sous Louis XIV au XVIIème siècle.
Elle est faite avec une pâte feuilletée à la frangipane, inspirée du Pithiviers, surnommée quelques temps la « parisienne ».

Le gâteau des Rois :


La galette des Rois : à la frangipane
La crème frangipane ou frangipane est une crème incluant des amandes. Elle est composée de deux tiers de crème d’amandes et d’un tiers de crème pâtissière.
Attention : à ne pas confondre avec la crème d’amandes seule qui entre dans la composition du pithiviers.


Le Pithiviers :


Autres appellations :

- le Royaume à Marseille
- la Couronne des Rois Provençale
- reiaume à Montpellier,
- couronne bordelaise ou corona bordalesa à Bordeaux
- coque des rois à Moissac.
(...)

Notes

[1] Une vraie fève (le légume) à l’origine.
De nos jours elle est remplacée par une figurine en céramique en forme de santon


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Jacky CIALDI

Fêtes et culture

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