Mas du Pont de Rousty : 1984

’’Le Grand Beaujeu’’

lundi 25 avril 2005

Construction typique d’un mas de Camargue

Toponymie


Mas servant de siège administratif au Parc Naturel Régional de Camargue (PNRC)

Ce mas très connu de nos jours ne s’est pas toujours dénommé ainsi.

Il s’est appelé à l’origine Le Grand Beaujeu et il appartenait, de 1380 à 1390, à Jehan de Quiqueran qui possédait aussi Malusclat le Samboult (du Sambuc), le Mas du Frébon et autres propriétés de moindre importance.
Il y joignit la seigneurie de Beaujeu qu’il acquit au Roi René et ce aux enchères en 1440. Il en prit le titre et le nom.

Ce domaine passa entre les mains de Gaucher de Quiqueran, mari de Sibille de Castellane qui acquit aussi en 1498 par voie d’échange avec l’archevêque d’Arles, le Domaine de Vacquières.

Gaucher transmit le Grand Beaujeu à son fils aîné Antoine qui le laissa à son fils Gaucher lequel fut assassiné en 1546 près d’Abbeville. A son décès, Gaucher n’avait de sa femme, Catherine d’Oraison, qu’un jeune enfant prénommé Antoine qui mourut à l’âge de douze ans. Sa mère se remaria avec un Dauphinois, le sieur De Ménolhon, dont elle eut un fils qui hérita de tous ses biens.

Peu après le Grand Beaujeu fut vendu. Déjà, lorsque en 1589, l’association des Chaussées de Camargue fit creuser la vidange, portant les eaux des marais de la Grande Camargue jusqu’au Vaccarès, ce domaine avait pris le nom du constructeur du Pont sur la vidange du Mas Rousty. Il n’était plus le Grand Mas de Beaujeu, mais bien le Mas du Pont de Rousty. (1)

Il appartint successivement en 1636 aux Porcelet d’Ubaye, en 1770 à Madame Marie Virginie de Balbes-Bertombrillon et ce domaine passa entre les mains de Paul Vincent Sorreno Dorméa natif de Turin qui le vendit en 1807 à Pierre Dominique Bouchet.

Le Grand Beaujeu dépendait jadis de l’Eglise d’Arles. Saint Césaire en avait disposé par donation du consentement de ses frères les chanoines et du clergé comme s’il eût été un des ses biens propres.

On sait, car il l’a noté dans son testament, que ses parents ne lui avait rien laissé et qu’en distribuant ces biens il agissait comme évêque et comme administrateur de bénéfices et propriétés laissés à son église.


(1) nom de famille provençale.

P.-S.

Pour cette histoire il a été utilisé des écrits de l’érudit E.Fasin, et du bulletin des Amis du Vieil Arles, présidé par Rémy Venture.

Le (1) est de Simbèu.


Les Mas qui ont fait la Camargue

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