GUILLIERME Fanfonne (Mlle )

vendredi 21 février 2020, par Robert Faure.

C’est à Praviel, au mas familial que la jeune fille entre en relation directe avec la passion du taureau.
Cette "fe di biòu" sera l’axe directeur de son existence.


Née à Paris le 31 octobre 1895 dans une famille de grands magistrats et de scientifiques, elle prend contact dès l’enfance avec le cheval. En compagnie de sa sœur Hortense les premières promenades s’effectuent au bois de Boulogne où la jeune Fanfonne commence son apprentissage hippique en monte amazone

Au cours de l’année 1904 le destin va favoriser les rapports entre les enfants Guillierme, le cheval et le taureau. La famille vient vivre définitivement dans sa propriété du sud de la France. La future manadière voit passer sous les fenêtres de sa chambre les abrivades et les bandides en route pour Marsillargues ou les prés du Cailar.

Pour Antoinette dont le surnom de Fanfonne lui a été attribué par sa gouvernante d’origine suisse allemande, la passion c’est le cheval.

En 1906 Alice achète une ‘doublenque’ destinée à une mise à mort dans les arènes d’Aimargues, les enfants de Praviel reçoivent cette attention de leur mère comme un immense cadeau. On l’appellera Bichette comme le nom de son gardian.

A cette époque, en 1904, le marquis de Baroncelli, avec l’aide des familles Grand, Ménard Dorian, Guillierme, Joseph d’Arbaud, et d’autres, fonde les bases du ‘Coumitat Virginen’.

- 1907 : manade Baroncelli à Praviel suite aux inondations
- 1909 : Prince première monture camargue de Mlle Fanfonne
Pourquoi ne s’est-elle jamais mariée ?
À l’âge de 16 ans, en 1911, la jeune fille se fiance avec un beau et sympathique jeune homme dont la famille est amie des Larnac et des Guillierme. Son nom : Jean Hecht .

Jean Hecht en uniforme de cuirassier 1912
Fanfonne, déguisée, dans l’uniforme de cuirassier de Jean Hecht 1912
Photo Collec. R. Faure

- 1913 elle rencontre de Frédéric Mistral. Fait marquant de sa vie dont les années futures de son existence seront imprégnées par l’esprit du grand poète provençal.

- Arrive le 2 août 1914, Jean Hecht, incorporé dans les dragons, est envoyé au front sur la Marne d’où il revient fortement mutilé peu de temps après. Afin de ne pas devenir un handicap moral et physique pour la jeune fille, il décide de rompre sa promesse et lui rend sa parole donnée.
Le cœur de Fanfonne en restera meurtri jusqu’à son dernier battement. Tout au long de sa vie, ses taureaux seront ses enfants comme elle se plaisait à le dire.
Longue amitié avec Joseph d’Arbaud.
- 1920 voit la création de la manade Grand-Guillierme. Trente taureaux et vaches ont été achetés à un nommé Abel de Calvisson.

- 17 novembre 1921 levée des tridents à Nîmes.
- 12 novembre 1922 rassemblement en Arles.

- 1920-1924 Marius Favier gardian de la manade Grand-Guillierme
- 1924-1949 René Chabaud gardian de la manade Grand-Guillierme
- 1938-1949 Jacques Espelly gardian de la manade Grand-Guillierme
- 1950-1956 Jacques Espelly gardian de la manade Grand-Guillierme
- 1956-1995 Jacques Espelly gardian de la manade Fanfonne Guillierme
- 1944-1956 Armand Espelly gardian de la manade Grand-Guillierme
- 1956-1995 Armand Espelly gardian de la manade Fanfonne Guillierme

- 1968 Mlle Fanfonne, en relation avec les haras nationaux, promeut la reconnaissance de la race du cheval Camargue.

La renommée de Mademoiselle Fanfonne a dépassé le cadre national et son abondant courrier lui vaut parfois des lettres d’outre-Atlantique.

- 1968 Galapian Biòu d’or
- 1983 Segren Biòu d’or

Le 22 janvier 1989, dans la tristesse générale du peuple méridional, elle s’éteint en son mas de Praviel.

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Dans les prés du Cailar

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Ajouté par la Rédaction :

Succession de la manade :

Un jour, Mlle Fanfonne a fait venir Jacques Espelly auprès d’elle et lui a dit :
« Jacques, je me fais vieille. Si nous faisions un arrangement, et que la manade soit vôtre mais à condition que vous gardiez le nom."
"Qu’à cela ne tienne, lui a répondu son fidèle gardian, c’est la moindre des choses que nous vous devons. »

En janvier 1989, après le décès de Fanfonne, Jacques et Armand Espelly reprennent les rênes de la manade.
Ces rênes échoient ensuite à Christian, fils de Jacques et de son épouse Magali.
Celui-ci, à son tour, transmet la manade à son fils Hubert le 3 novembre 2007.

Mlle Fanfonne en 1984

P.-S.

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Robert Faure.

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