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1985 : La manade de "Guitou" Lapeyre

jeudi 18 juin 2020, par Gourgeon Bernard

Eté 1985, la Camargue a revêtu son habit de lumière et vit aux rythmes des vacances. Plage, mer, soleil et nature sont autant de raisons pour donner au paysage un décor inhabituel.
Par la route de Méjanes nous nous rendons aux Petites Jasses d’Albaron, pays du Manadier Guitou LAPEYRE. Arlésien de naissance et résidant à Raphèle, Guitou LAPEYRE est issu d’une famille de bergers. De ce métier, il ne gardera que l’esprit d’éleveur car il n’a aucune attirance pour les moutons.
Très jeune, il se rend souvent chez la famille LAURENT et avec Henri deviennent deux copains inséparables.
Justln BONNAFOUX, alors bayle gardian chez Paul LAURENT, sera « leur professeur », peut-on imaginer meilleur conseiller pour devenir éleveur de taureaux ?

Dans les années 60, Guitou LAPEYRE se lance dans les spectacles taurins.
Pour cela il dispose d’une cinquantaine de bêtes (taureaux et chevaux). Au programme, jeux taurins, rodéo, saut de cheval à cheval, etc.
Cette activité le mène dans tous les coins de France et même à l’étranger : Suisse, Belgique, Allemagne, en 1966 il ira même à Hassi Messaoud.

Après 20 ans de tournée, il décide d’arrêter ces spectacles pour se lancer dans l’élevage de cocardiers.
En 1970, ses chevaux sont au domaine du Freignant, le propriétaire qui donnait ses herbages recevait en compensation des bêtes des manadiers locataires.
Un jour le propriétaire du domaine a offert 4 vaches à Guitou LEPEYRE qui s’inscrit en 1975 à l’association des manadiers sur les Conseils d’Henri LAURENT.

En 1977, Guitou LAPEYRE achète les Petites Jasses d’Albaron et installe ses 4 vaches auxquelles il ajoute des vaches de Pastré puis de LAURENT chez qui d’ailleurs il prend également un étalon.
« Dans ce métier le facteur chance est très important  » nous dit Guitou LAPEYRE. « Je pense que si le choix d’un étalon est primordial, il faut aussi essayer de sélectionner de bonnes vaches ».

Cette sélection porte ses fruits puisqu’en 1979 apparaît PISTACHIER qui apporte la première récompense au manadier à Fourgues en août 1979.
Cette même année, il remporte également le 2ème prix de la Finale des Jeunes de l’Aficion au mois de septembre à Mouriès.

En 1981, il remporte le prix des Melonniers à Saint-Martin-de-Crau.
Taureau fantasque, Pistachier effectue une carrière en dents de scie. Agé aujourd’hui (1985 NdR) de 10 ans, le taureau décevant au mois d’août 1985 à Uchaud ne sortira certainement plus.

Parmi les taureaux de 10 ans, nous trouvons aussi Tarnagas et Mousquetaire. Le premier débute à Fourgues en 1979 et gagne en 1983 la Coupe de la Municipalité à Saint-Géniès de Mourgues. Le second également à Fourgues mais en 1981.

Ces différentes sorties verront Mousquetaire s’améliorer pour devenir plus cocardier dont les enfermées et les déplacements dénotent une connaissance du sens du combat.

Pour la Finale de l’Aficion en 1982 à Arles, Mousquetaire rentre sa deuxième ficelle après une course remarquable où il était sorti premier. La grande satisfaction du manadier, c’est bien sûr CALEU. Issu d’une famille LAURENT, par sa mère NOCTURNE, Caleu a aujourd’hui 9 ans.
Il a couru dans la plupart des arènes et n’a jamais déçu son propriétaire. De nombreux trophées ont récompensé ce cocardier dont les plus importants :
- Le 11 juillet 1982, la Coupe des Chroniqueurs Taurins à Lunel,
- le prix Vidalon en 1983 à la Finale du Gland d’Or à Saint-Gilles.

En 1984, encore à Lunel et après une course où sa combativité est remarquable, il remporte la coupe Reynier lors de la Finale du Trophée Roger Damour.

1985 sera la grande année de Caleu puisqu’il remporte le prix de la Cocarde d’Or à Arles. « Je suis très heureux que Caleu ait gagné le prix du meilleur taureau pour la Cocarde d’Or d’autant plus que c’était ma première participation  » nous dit Guitou LAPEYRE, « Je pense qu’un manadier doit savoir prendre des risques. L’organisateur me l’a demandé pour Arles et j’ai accepté le risque, le caractère offensif et son sens du combat en ont fait le vainqueur, c’est une grande satisfaction pour un petit manadier  ».

Dernièrement Caleu a également gagné le trophée des Maraîchers à Chateaurenard au vu de ses deux superbes courses du mois d’août et de septembre et il vient de se voir attribuer le prix du meilleur taureau de la Finale à Arles.

Viennent ensuite ALDO, 8 ans, ENTRAVE 8 ans d’origine Pastré vainqueur du souvenir Henri Soulier à Fourgues en 1984, MARASCO 8 ans qui a fait une très bonne course à Uchaud le 17 août dernier où les poursuites serrées se sont toutes terminées par des coups de barrière.
TOUPINET 7 ans, frère de Caleu, est plus gaucher que droitier. Il remporte le trophée Souvenir René Galeron à Fourgues, le 16 mai 1985.
GEDEMUS 7 ans, d’origine Pastré remporte la Coupe des Manadiers du Trident d’Or le 26 août 1984 à Manduel.

En 1984, Guitou LAPEYRE sort à Fourgues sa première royale avec Mousquetaire, Pistachier, Toupinet, Entrave, Gedemus, Tarnagas.
De cette course d’un bon niveau, émergeront Toupinet et Entrave ainsi que Mousquetaire.

Comme beaucoup d’éleveurs Guitou LAPEYRE se pose de nombreuses questions sur le devenir de la course camarguaise :
« je pense qu’actuellement le taureau n’est pas assez protégé. Je dis que, mis à part les grandes compétitions comme la Cocarde d’Or, les courses du dimanche et à plus forte raison de semaine doivent être limitées au nombre de raseteurs et de tourneurs et surtout qu’un tourneur ne devienne pas accessoirement raseteur lorsque le taureau est facile.
Il est temps que la course camarguaise soit réglementée afin de trouver des solutions à tous ces problèmes qu’ils soient de l’ordre des crochets, des litiges en piste, du nombre de raseteurs et de leur répartition.
Les taureaux ont beaucoup de mérite pour supporter des courses qui n’ont que le nom de protection.
Je pense que le Trident d’Or est une bonne compétition pour les petits manadiers mais que le système est à revoir puisque les courses de sélection ne se disputent pas toutes dans les mêmes conditions.
Personnellement j’essaie de limiter au maximum les sorties de mes taureaux et si Caleu fait une aussi bonne carrière c’est que je le ménage
 ».

Sans grande vedette Guitou LAPEYRE s’est hissé au rang des meilleurs.
Après une dizaine d’années d’existence la manade compte aujourd’hui un peu plus de 150 bêtes réparties sur les 65 ha des Petites Jasses d’Albaron et depuis deux ans sur le domaine de l’Estourneau, herbages prêtés grâce à la gentillesse de Monsieur TISOT, propriétaire de l’Etourneau.
Les ferrades et les bistournages se font aux Petites Jasses d’Albaron.
Guitou LAPEYRE s’est assuré les services de Eric CAYELA, gardian salarié, et de nombreux amateurs viennent souvent soutenir la devise rouge, blanc, violet :
- Jean-Jacques et Michel,
- ses deux fils Jo Ryes,
- Michel Loys dit Fatigué,
- Marlène et Annie Andréguetti,
- Sauveur Avitabile,
- René Cabanis,
- René Ferri,
- Max Bachini.

P.-S.

Texte et photos : Bernard Gourgeon

2 Messages de forum

  • 1985 : La manade de "Guitou" Lapeyre Le 19 juin 2020 à 07:47 , par Bernard

    Il a tout arrêté fin 2009

    Répondre à ce message

  • 1985 : La manade de "Guitou" Lapeyre Le 21 juin 2020 à 05:40 , par Sacripan

    Guitou Lapeyre un des personnage de Camargue à l’ancienne qui aime partager son savoir de la bouvine .

    C’est aussi un des manadiers qui à payé un lourd tribut de son sang pour cette passion.

    Comme il me disait un jour : "j’ai plus de coups de cornes que certains Razeteurs" .
    Si je ne me trompe il doit en avoir quatre, dont le dernier donné par un tau en pays qui fut assez grave .

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