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TERRASSE Robert dit "Vovo"

dimanche 2 juin 2019, par Salva

"Né à Beauvoisin le 13 janvier 1938 (dans une maison située en face des arènes), Robert Terrasse commença à travailler en 1956, à l’âge de 18 ans.
A cette époque, le surnom par lequel pendant toute sa vie il fut désigné, lui avait déjà été donné.

Sachons en effet qu’à 12 ou 13 ans, le jeune Robert conduisait lui-même la camionnette de ses parents pour se rendre aux courses de taureaux." (...)

Mais s’il était un cocardier pour qui il éprouvait un réel engouement (tout comme une majeure partie du public afeciounado d’alors), il s’agissait bien du spectaculaire Vovo, dont il avait inscrit le nom en lettres capitales sur la camionnette de ses déplacements.
De là à lui donner ce même nom, il n’y avait, si je puis dire, qu’un pas à faire. Et c’est ainsi que pour ses amis et pour ses connaissances, Robert Terrasse, tout naturellement, ne fut appelé que Vovo.

Son métier, c’est avec des hommes tels que Blatière (le père de Jacques), Tourreau, Barbut, qu’il l’apprit.
Véritables gardians du temps jadis, avec tout ce que l’expression laisse entendre d’acharnement au travail et de conscience professionnelle, ils lui inculquèrent les notions et les principes d’une profession ô combien astreignante, mais source de grandes satisfactions.

Après avoir quitté la manade Bilhau, au service de laquelle il resta 22 ans, Robert Terrasse et Églantine Pioch (sa femme depuis le 21 mars 1978), achetèrent ensemble, en 1979, la manade des Erbé.
Cette manade, composée d’éléments de Laurent, de Carreau et de Fabre-Mailhan, comprenait 65 bêtes quand ils l’acquirent. Actuellement (1984, NdR) , elle en compte une centaine environ, dont Francis Teissonnier assume la gérance.
Pâturant respectivement à Franquevaux et à Fontarêches, au lieu-dit "L’Oasis ", sur la route d’Alès, la manade Terrasse compte trois taureaux sur qui elle fonde des espoirs : Cévenne, Nimeho et Fourcaten ; ce dernier ayant obtenu le Prix de Manduel en cours de saison.

L’un des traits dominants de la race méridionale est sa propension à l’amusement.
Nullement péjorative, cette définition souligne au contraire l’importance que tient, chez nous, le temps imparti aux loisirs, et plus spécialement aux loisirs tauromachiques.
L’intérêt qu’éprouvent les populations autochtones à l’égard des us et coutumes de leur région, procède toujours du dévouement inconditionnel d’une poignée d’hommes et de femmes soucieux du maintien des traditions. Et Robert Terrasse était l’un d’eux.
Il était de ces êtres qui sont partie intégrante du pays où ils vivent, et dont ils aiment à partager, dans la mesure de leur tâche l’irréversible cheminement. Et sa tâche à lui, son métier, sa raison d’être, était de s’occuper des taureaux, de vivre en leur compagnie, de les comprendre, mais surtout de les aimer pour les joies et les divertissements dont ils sont les acteurs principaux.

Apprécié des professionnels de la bouvine, Vovo l’était également des afeciouna.
N’est pas sacré qui veut Roi des abrivado.

Lui le fut pour sa compétence à les diriger, pour la bonne grâce qu’il mettait à prendre de la farine plein la gueule et à s’exposer complaisamment à des tas d’autres incidents de parcours, auxquels, souvent, n’échappent pas les cavaliers.
La compréhension qu’il mettait aussi à.faire plaisir aux jeunes en leur donnant l’occasion de s’emparer d’une bête pour la promener à la corde à travers le village, n’était pas étrangère à sa popularité. Car il fut l’un des rares, beaucoup vous le diront, à se prêter obligeamment au jeu des arrivées, par un ralentissement volontaire (en pleine course) des cavaliers aux taureaux.
Ensuite, desserrant l’étau où se trouvaient les biòu, il permettait à la foule de s’en saisir d’un.

Aujourd’hui, et toujours selon beaucoup, ce sont les gardians qui livrent parfois un taureau aux jeunes, les privant ainsi de la satisfaction d’avoir eux-mêmes arraché l’animal au groupe déferlant.

L’un des plus beaux souvenirs de sa vie de gardian, m’a confié son épouse, remonte à la semaine du 15 août 1982.
A la tête d’une petite troupe d’amis composée de 12 amateurs et de leurs femmes, et emmenant avec lui une vingtaine de taureaux, une douzaine de chevaux et des arènes démontables, Robert Terrasse était parti en Haute-Corse à l’invitation du Maire de Calvi.
Après leur avoir réservé un accueil chaleureux, les calvais se déclarèrent enchantés par les prestations des gardians et des taureaux ; et l’abrivado qui martela les rues de la ville, retentit encore, dit-on, du bruit des sabots camarguais. Non moins enchanté que ses administrés, le Maire, personnage paraît-il d’un abord fort austère, eut la générosité, pour marquer son contentement, de décerner à Robert l’errasse la médaille en étain de sa ville.
Faveur insigne, puisque seul Valéry Giscard d’Estaing en possèderait une avec lui.
Vrai ? Faux ?
C’est en tout cas ce qu’affirma le Maire de Calvi au nouveau médaillé.

L’abrivado du 6 novembre 1983, pour la grande foire de Saint-Gilles, fut la dernière manifestation tauromachique qu’il organisa.
Un peu moins de trois mois plus tard, le 1er. février 1984, il s’éteignait à l’hôpital vers 4 h de l’après-midi des suites d’un examen qu’on lui avait fait le jour même à 8 h.
Ayant eu un infarctus en juillet, son état, depuis, n’avait fait qu’empirer, et tout doucement l’avait entraîné vers la mort.

Voir l’article sur ce site :
Hommage à Robert Terrasse *

P.-S.

Un article paru dans "Camariguo Magazine" écrit par Jacky Cialdi.

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