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CHABAUD René

samedi 7 juillet 2018, par Bernard

Gardian : on appelle ainsi celui qui garde les taureaux et les chevaux sauvages

Dans Mireille, l’immortel chef d’œuvre, Mistral, sous une forme laconique, à donné l’explication définitive du mot gardian.
Gardian  : on appelle ainsi celui qui garde les taureaux et les chevaux sauvages.

René Chabaud est un gardian ; un des derniers gardians que nous puissions saluer encore, car à ceux là on doit tirer le chapeau bien bas

Oui, il est un gardian, celui qui, le bâton a la main, le saquetoun sur l’épaule, est derrière la manade toute la journée, celui qui, du matin au soir, surveille les bêtes, les tourne au moment où elle vont « empiéter » « brequa » sur le territoire des autres, les calme ou les sépare au moment des luttes épiques et qui rejoint le mas, le soir, alors que « li pulairé » et les oiseaux de nuit lancent dans le ciel calme de Camargue leurs cris mélodieux, graves ou tristes.

Je suis bien sûr que depuis son accident, Chabaud, étendu sur un lit, dans sa petite maison du Cailar, ne pense pas à autre chose qu’à sa manade et aux fêtes votives qui se dérouleront sans lui. Disons entre parenthèses, que les Guillierme n’ont pas de chance, leur gardian Chabaud s’est fracturé la jambe ; leur gardianoun s’est fait baruler à Gallargues, et est en traitement à l’hôpital Ruffi, de Nimes.
Qui donc, dans ces conditions, va faire la fête taurine de Calvisson avec l’abrivado du jeudi ?

Depuis 1921, Chabaud est le gardian des Guillerme et on peut dire qu’il dirige la manade à sa guise, à la grande joie d’ailleurs des « pelot ». Après la guerre, René tâta d’autre chose et il fut je crois, quelque temps, homme de cave dans un mas de Provence.
Mais « lou languitor » le tenaillant, notre homme revint vers la Camargue et fut d’abord aide de son père, chez le manadier Robert.

A la fondation de la manade Grand-Guillerme où, peu après la fondation, il fut appelé à prendre la direction de la partie élevage et depuis bientôt douze ans Chabaud sert les mêmes maîtres, qui ne pensent pas à s’en plaindre, tant s’en faut.
Cavalier émérite, un des meilleurs de l’heure actuelle, dans le monde de la bouvine, on se demande comment René a bien pu baruler en montants les bêtes des Bruns aux prés du Cailar, c’est-à-dire alors que tout est calme et que nul ne semble courir aucun risque. Le goudron seul, ce grand adversaire des fêtes de taureaux et de chevaux, peut expliquer cela.

La manade entourée de cavaliers venait de quitter les sansouires et prenait la route, à la Gasconne, petite Camargue située au croisement des routes d’Arles, des Saintes et d’Aigues-Mortes. Toutes les bêtes marchaient au pas et les cavaliers qui avaient laissé la bride sur le cou de leurs chevaux pensaient à autre chose sans doute, car en pareille condition, les chevaux de métier surveillent la manade mieux qu’un chien de berger le troupeau.

A un moment, une bête jeune se détacha un peu du reste de la manade ; le cheval de René veillant au grain bondit pour faire rentrer la fugitive dans le rang. Mais ce fut trop vite fait, le gardian n’eut pas le temps de prendre les rênes, de serrer les genoux, de tenir son cheval. Mal agrippé sur le goudron, le Camargue tomba entraînant le cavalier dans une chute si malencontreuse qu’il eut quatre fractures à la jambe droite.

René Chabaud est un gardian comme ceux d‘autrefois : bon, cordial, généreux, sincère. Il n’aime pas du tout les mises en scène ni les faiseurs d’embarras. Simple et modeste au possible, il est des derniers à nous avoir fait vraiment plaisir dans les plans, soit dans les ferrades ou à l’attente au trident. Je me rappelle lui avoir vu faire des très jolies choses et c’est à cause de sa sincérité en tout que je suis heureux de le remercier publiquement du témoignage d’amitié qu’il voulut bien me manifester il y a quelques temps ; cela je ne suis pas prêt de l’oublier et je suis prêt, le cas échéant à lui rendre la pareille.
Bientôt, nous l’espérons, nous reverrons René Chabaud à son poste et nous pensons que le jeudi de la fête, au Cailar, le jour du concours, nous pourrons déjà lui serrer la main et le féliciter d’une guérison complète, que l’on souhaite ici aussi rapide que possible.

René Chabaud se retire en 1950.(NdR)

Première mise en ligne le 23 décembre 2011

P.-S.

Ecrit par Tamarisso pour "le Toril" dans le N°394 de juillet 1933

1 Message

  • René Chabaud Le 14 février 2012 à 16:24 , par Bernard

    "on appelle ainsi celui qui garde les taureaux et les chevaux sauvages." Enfin celui ou ceux qui gardaient, maintenant et depuis longtemps tout le monde a monté "des barrages" , le gardiennage a "bâton planté" n’existe plus, la main d’oeuvre humaine est bien trop chère.

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