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Les espèces exogènes, envahissantes.

mardi 2 décembre 2014

Depuis que l’homme voyage, il transporte tout un cortège d’espèces qui peuvent ainsi s’implanter sur de nouveaux territoires. La plupart des espèces introduites ne survivent pas et finissent par disparaitre, mais quelques unes, trouvant là des conditions de vie adaptées, y prolifèrent, et deviennent un danger pour le milieu d’adoption et les usages qui y sont présents.

Qu’est ce qu’une espèce envahissante ?

Dans la plupart des cas, c’est un organisme exogène nuisible, introduit intentionnellement ou accidentellement dans une région située en dehors de son aire de répartition naturelle, il prolifère et produit des changements significatifs de composition, de structure et/ou de fonctionnement des écosystèmes.
On estime qu’une espèce importée sur 1 000 devient véritablement envahissante.

RÉGLEMENTATION
Sont interdits, par négligence ou imprudence :
l’introduction d’une espèce animale ou végétale non indigène et non cultivée et/ou désignée par l’autorité administrative (Art. L.41 I -3 du code de I’Environnement)

Les espèces envahissantes ont certaines caractéristiques communes :
elles ont la particularité d’être résistantes et très adaptables à de nouvelles conditions de vie, elles ont une fertilité importante qui leur permet de coloniser un lieu très rapidement, elles ne trouvent pas dans leur nouvel environnement de concurrents ou de prédateurs qui réguleraient naturellement leur population.

Les impacts
Par le biais de l’eau et du vent, ces espèces introduites envahissent progressivement les territoires. Elles représentent un véritable fléau, parfois très difficile à éradiquer, pour les milieux aquatiques et terrestres.
- certaines espèces mettent en danger les espèces locales en entrant en compétition spatiale ou alimentaire avec elles.
- certaines espèces mettent en péril la vie d’autres espèces en gênant la fabrication de matières premières : c’est le cas des jussies* qui bloquent la photosynthèse,
- fermeture du milieu, baisse de la valeur fourragère.
- certaines espèces peuvent présenter un risque de santé publique pour la population comme l’ ambroisie*  [1].

Situation en Camargue
Dans le delta du Rhône, la présence du vent, de l’eau et des animaux favorisent la circulation des graines de nombreuses espèces. Dans la Camargue au sens large (Gard et Bouches-du-Rhône), on dénombre actuellement une quinzaine d’espèces végétales à dynamique envahissante, dont les plus problématiques sont :
-  Les jussies* (Ludwigia grandiflora et Ludwigia peploides), originaires d’Amérique du sud.
Présentes en périphérie de la Camargue depuis les années 50 (un botaniste la signalait sur le canal de Capettes [2] en 1949), leur colonisation s’est accélérée récemment en raison de l’utilisation de plus en plus fréquente de l’irrigation estivale des marais et des pâturages.A ce jour deux espèces de jussies sont présentes en Camargue.
Recouvrant de larges étendues d’eau douce (marais, canaux, abreuvoirs), elles étouffent les milieux aquatiques au détriment de la flore et de la faune locales.
En limitant la pénétration de la lumière dans l’eau,elles peuvent modifier sévèrement l’écosystème aquatique.
En outre, les herbiers de jussies peuvent lors de chaleurs importantes, dégager des substances toxiques (sulfures) qui éloignent voire intoxiquent la faune (poissons, invertébrés).

-  L’herbe de la pampa* (Cortaderia selloana), originaire d’Amérique du Sud.
Très ornementale, cette grande graminée a été massivement plantée sur les espaces verts publics depuis plusieurs années.
Elle peut rapidement coloniser les friches, les pâturages et surtout les milieux dunaires où elle concurrence des espèces locales, rares et protégées comme la canne de ravenne. En outre, son caractère hautement inflammable peut accentuer le risque d’incendie des milieux qu’elle colonise.
-  Le baccharis* , ou sénegon en arbre (Baccharis halimifolia), originaire d’Amérique du Nord.
Planté pour des raisons ornementales dans les espaces verts depuis les années 80, il est actuellement en phase d’expansion rapide en Camargue. Muni d’un fort pouvoir colonisateur, il forme des fourrés très denses, fermant peu à peu le paysage.
Les peuplements denses gênent le paysage des usagers comme des chasseurs, des sagneurs ou des manadiers. Les espèces locales, très appétences pour le bétail (roseaux, scirpes, tirasses) peuvent être supplantées progressivement.
Par ailleurs, hormis à l’état de plantules, il n’est pas consommé par le bétail.

Comment lutter contre ?

Il n’existe pas de méthode miracle pour se débarrasser des espèces envahissantes. C’est une combinaison de méthodes ainsi qu’un suivi régulier des stations qui permet de les maitriser. La biologie et l’écologie de la plupart des espèces envahissantes sont encore mal connues, d’où la difficulté de mettre en place des programmes de lutte normalisées et reconnues.
-  Les jussies  : résistant peu à l’assèchement et à une trop grande salinité du sol, l’assèchement estival (2-3 mois) permettra de réduire la population de jussies en faveur de la réimplantation des plantes locales. Eviter à tout prix de faire du bouturage (travaux mécaniques à l’aide de girobroyeur, pelles mécaniques, tracteurs à roues-cages etc) ce qui renforce la dynamique colonisatrice de la jussie.

-  L’herbe de la pampa  : Un traitement préventif consiste à couper les panicules avant la dissémination des graines pour éviter leur propagation. Le pâturage par les bovins permet de contrôler seulement les jeunes pousses. L’herbe de la pampa n’est pas affectée par des coupes répétées. Les plants doivent être arrachés en prenant soin d’éliminer toutes les racines. Les herbicides systémiques sont parfois utilisés en complément d’autres méthodes de contrôle (coupe, girobroyage, arrachage, brulage...) mais doivent être utilisés avec précaution pour éviter toute contamination de l’environnement.

Pour en savoir plus :
Parc naturel régional de Camargue.
Mas du Pont de Rousty.
13 200 Arles
Tél : 04 90 97 I0 40
Fax : 04 90 97 12 07

-  Le baccharis  : L’arrachage des jeunes plants est recommandé, en retirant l’ensemble du plant sans casser les racines pour éviter les rejets. Si la station regroupe plusieurs individus adultes, seule une intervention mécanique est possible. Il est recommandé d’intervenir à la fin de l’été, au moment où les individus sont en fleur.

Pour en savoir plus :
Parc naturel régional de Camargue.
Mas du Pont de Rousty.
13 200 Arles
Tél : 04 90 97 I0 40
Fax : 04 90 97 12 07

Première mise en ligne le 28 mai 2008

P.-S.

Mail : espaces.naturels@part-camargue.fr

Gaél HEMERY et Cécile COSTA Parc Naturel Régional de Camargue Mai 2008

1.748

Notes

[1] plantes de la famille des Astéracées (ou Composées) dont la plus connue est l’Ambroisie à feuilles d’Armoise

[2] Le canal de Capettes est un petit canal qui rejoint directement le Petit Rhône depuis le canal du Rhône à Sète, accessible, par la route qui le longe à partir de Gallician jusqu’au Mas des Iscles.

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