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Les obsèques du Marquis de Baroncelli (1/2)

mardi 7 avril 2015, par Bernard

"Le Marquis est mort !
Comme une traînée de poudre, la nouvelle se répandit dans Arles, dans le pays d’Arles, puis en Languedoc et bien au delà.
Ce n’était pas chose croyable , ni même possible. Folco de Baroncelli était fait à la dure et bâti pour vivre 100 ans.
"


Cette figure éminemment provençale, camarguaise, saintine, ne pouvait disparaître ainsi. On savait bien pourtant qu’il avait été, une fois encore victime d’une chute de cheval, qu’il était malade ; mais on ne pouvait si vite accepter la triste nouvelle.

Ses obsèques, en Avignon ont revêtu le caractère d’une grande solennité ; mais elles eussent été grandioses plus encore, magnifiques, pleines de pittoresque surtout et d’imprévu ; même à une époque normale, si l’inhumation avait pu avoir lieu aux Saintes ainsi que le désira toujours le défunt.

Quand mourut l’illustre père de Mireille, ses funérailles à Maillane ne se déroulèrent pas avec tout le respect dû a un mort, ce fut la débandade, le désordre, le bruit. Pour un peu, on aurait chanté et dansé. D’aucuns s’en offusquent, mais Folco, donnant peu de jours après une relation de cette mémorable journée, loin de blâmer la tenue du cortège, disait : « Si l’on avait pu consulter le maître là-dessus et lui demander » «  comment voulez-vous vos obsèques ?  » il aurait répondu : « Coume soun estado, aco poudié pas mies ana » .

C’est pareillement que nous aurions suivi et enseveli le corps de l’infortuné Marquis s’il s’était éteint, au pays saintin où nous irons probablement le déposer un jour.

Ah ! C’est qu’il a vécu toute sa vie pour et par les Saintes. Il avait voué un réel culte, non seulement à Marie Jacobé, à Marie Salomé et à leur servante Sara, mais au village tout entier où elles vinrent aborder le 25 mai, ainsi que le veut la légende. C’est au petit mas de l’Amarée et plus tard au Simbeu qu’il à passé 50 ans de son existence.

La bise, la pluie, le gel, le Mistral impétueux, l’importune largado, au soleil cuisant, les moustiques, la peine, le dur labeur, les longues heures de cheval à la recherche de taureaux, les folles abrivado, rien ne pouvait altérer la douceur de son humeur toujours égale et bienveillante. Quand il se reposait, aux longues soirées et nuits d’hiver, il écrivait, faisait des vers. La langue Française n’avait guère de secrets pour lui, mais c’était un maître dans la langue Provençale.

Il aimait les Santins et était aimé d’eux. Une anecdote, entre beaucoup pour le prouver :
Après la guerre 14-18, Baroncelli se remit à la tête de son élevage et voulut le reconstituer, mais il n’avait plus de taureau conducteur, de dompteur.
Vite, les santen cherchèrent, prospectèrent de coté et d’autre, aidèrent en quelque sorte « Lou Marquès » à se renflouer, et la mande eut à nouveau son « simbeu ».
Pour marquer ce jour heureux et cette belle action, la marquis baptisa sa nouvelle demeure « Lou Simbeu »."

P.-S.

Extrait d’un fascicule de la "revue d’Arles" 1943

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