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Marquis (le)

lundi 17 novembre 2008

Poète-Manadier célèbre

En provençal : Lou Marqués.

Lorsqu’on parle du "Marquis" dans le Midi, on évoque Folco de Baroncelli-Javon.

Descendant d’une famille de l’aristocratie Florentine qui avait dû quitter l’Italie pour s’exiler en France au Palais du Roure à Avignon, le marquis Folco de Baroncelli-Javon devait son titre de noblesse au Pape Léon X et au Roi Louis XV.
Le premier avait d’abord obtenu pour la famille Baroncelli l’inféodation des terres de Javon et le second avait ensuite conféré à Georges Baroncelli le titre de Marquis de Javon en 1730 pour services rendus à la France.

Plus tard le Marquis Raymond de Baroncelli-Javon épousait en 1868 une demoiselle de Chazel dont le père, le Comte de Chazel, était chevalier d’honneur de la Duchesse de Berry.

De cette union naissait le 01 novembre 1869 à Avignon, Folco Gabriel de Baroncelli Marquis de Javon aîné de 14 enfants.

La famille devenant au fil des ans de plus en plus nombreuse , le jeune Folco alla grandir chez sa grand-mère, Madame de Chazel qui parlait le Provençal, et qui possédait une propriété à Caissargues. Elle se rendait souvent en Camargue.

Le célèbre poète-manadier, Marie-Lucien-Gabriel-Folco de Baroncelli-Javon, est né à Aix en Provence le 1er novembre 1869 mais résidera dans l’hôtel particulier familial d’Avignon, l’actuel Palais du Roure.

Par les Baroncelli il appartient à une très vieille famille toscane possédant depuis le XVème siècle le marquisat de Javon dans le diocèse de Carpentras.

Très tôt, 1886-1889, il adhère à la cause félibréenne, fréquente Frédéric Mistral et Roumanille. En 1890 il publie "Babali", une nouvelle en provençal.
1891 Création, avec Mistral, du journal « L’Aiòli » dont il devient le rédacteur en chef - mort de Roumanille - service militaire.

Folco ne se contente pas de la lutte idéologique et c’est sur le terrain qu’il va mettre ses projets en action.

1892 : Escapades en Camargue - rencontre avec Joseph d’Arbaud.

24 novembre 1894 Fiançailles avec Henriette Constantin, fille d’Henri Constantin propriétaire du domaine des Fines Roches, à Châteauneuf-du-Pape.

En 1894, troquant la plume pour le trident, il loue aux Saintes-Maries de la Mer la propriété du Mas de l’Amarée située sur la route du bac du Sauvage et y crée sa manade.

Le 6 février 1895, Folco épouse Henriette Constantin, la fille d’un grand propriétaire viticole de Châteauneuf du Pape (domaine des Fines Roches). De leur union naîtront trois filles dont les aînées seront baptisées des noms de deux héroïnes mistraliennes : Nerte (13/11/1895) et Maguelone (25/09/1901). Frédérique dite "Riquette", la cadette (7/03/1908) portera le prénom de Frédéric Mistral, son parrain.

1895 : départ pour la Camargue - Folco devient manadier à 26 ans. Ce fut le début de la future « Manade Santenco »
Il fit l’acquisition des bêtes de Léonie Papinaud-Drouillon de fort bonnes origines bien que quelques unes aient du sang mêlé .

1898 : Joseph d’Arbaud crée une manade * .

Son épouse ne supportant pas le climat camarguais, il ne s’installera définitivement à l’Amarée qu’en 1899.
Juillet 1899 : Installation au mas de l’Amarée.
Noël 1899 : Folco écrit dans le dernier numéro de « L’Aiòli », un poème pour dénoncer l’agression contre les Boers, « son premier cri d’indignation en faveur des opprimés »

.
Son adresse pour recevoir tous les journaux taurins de l’époque (ici "Le Toril")

Son but est de retrouver la pure race Camargue. Il l’atteindra après des achats de bétail allant dans ce sens et au terme d’une sélection rigoureuse. La manade du Marquis de Baroncelli (la manado santenco) était née.
(voir les débuts de la manade du Marquis* )

Folco prend pour fer les armories de sa famille : l’écusson "de six pièces, bandées de gueule et d’argent". Le rouge et le blanc seront les couleurs de sa devise.

1902 : Début du « Prouvenço » le plus célèbre taureau de la manade du Marquis. - « Babali » est publié aux Etats-Unis.

1904 : Première fête du costume aux Saintes-Maries
Eté 1904 : Création du « Coumitat Vierginen » dont le but est de maintenir le costume ainsi que toutes les traditions camarguaises.

Mars 1905 : Raid à cheval jusqu’à Lyon, avec Jacques Marignan.
Octobre 1905 : Première rencontre avec les Indiens de Buffalo Bill à Nîmes.

1907 : Révolte des vignerons du Languedoc ; Folco écrit le poème « Auzor » pour crier son indignation et son soutien aux révolté
27 Juillet 1907 : Orages et crues catastrophiques ; une partie de la manade est perdue

17 Avril 1909 : Mort de son grand ami, le peintre Ivan Pranishnikoff.
16 Mai 1909 : Triomphe « historique » du Prouvenço à Vauvert.
Fin Mai 1909 : Mort du « Prouvenço » - publication de « blad de Luno » chez Lemerre à Paris.
En juillet 1909 il crée la "Nacioun Gardiano’ qui défendra et maintiendra nos traditions. On lui doit également la tenue de parade de nos gardians.

En 1910 il publie un recueil de poésies, "Blad de luno" (blé de lune).

Avril 1912 : Ferrade des « Annales »

25 Mars 1914 : Mort de Frédéric Mistral.

Folco est mobilisé en février 1915.
Il aura droit à une affectation au 42eme Territorial à Toul, mesure disciplinaire pour « propos antimilitaristes ».

21 Juin 1916 : Mariage de sa fille Nerte avec Gaston Bonis.

Janvier 1917 : Mort de Buffalo Bill.

12 Avri11918 : Achat du Palais du Roure par Jeanne de Flandreysy et son père Etienne Mellier.
4 Septembre 1918 : Vente de Fines Roches.
Octobre 1918 : Il écrit « Lunado indiano » long poème pour les indiens « qui ont pris part à la guerre des blancs d’Europe ».

A son retour, Jeanne de Flandreysy (son amie avec laquelle il aura une courte liaison mais une amitié durable) lui rachète sa résidence avignonnaise pour lui éviter la ruine. Il peut ainsi poursuivre sa coûteuse entreprise.

Novembre 1921 : Manifestation à Nîmes en faveur du maintien des courses de taureaux.

Janvier 1922 : Sortie à Paris du film de Jacques de Baroncelli « Roi de Camargue ».
Mi-juillet 1922 Le « Journal du Midi » publie un article lançant l’idée de Baroncelli de créer un parc naturel en Camargue.

25 Mai 1923 : Grand pèlerinage aux Saintes : cérémonie d’ouverture des châsses et inventaire des reliques des Saintes Marie-Jacobé & Marie-Salomé.
1er Juillet 1923 : Première « Fête du Costume » à Arles.

En 1924 il publie le poème Lou Biòu* (voir traduction* ) et imagine la Croix de Camargue*.

Juillet 1925 : Jacques de Baroncelli tourne en Camargue.

6 Novembre 1928 : Mariage de sa fille Maguelone avec Etienne Montgolfier.

Mais les problèmes financiers s’accumulent et en 1931 il doit quitter l’Amarée. Les Saintois se cotisent pour lui offrir le terrain sur lequel il fait construire le Mas du Simbèu, un peu plus proche du village.

25 Avril 1933 : Mariage de sa fille Frédérique (Riquette) avec Henri Aubanel.

1934 : Henri Aubanel devient manadier.

24 mai 1935 : Première sortie de la statue de Sarah, portée en procession.
En 1935, il tombe gravement malade .

Mars 1936 : Mariage de la reine d’Arles, Angèle Vernet.
Mai 1936 : Folco écrit un « cantique à Sarah ».
8 Août 1936 : Mort de sa femme dont le décès l’affecte profondément.

En 1938, de nouveau malade, il est hospitalisé à Nîmes.

Début 1939 : Fin de la manade de taureaux.

En 1940, il proteste auprès de Daladier après des manœuvres de tirs par avions dans le Vaccarès, sur le bois de Rièges.

Eté 1942 : Arles & Nîmes font un triomphe au Marquis
En novembre 1942, à leur arrivée en zone libre, les Allemands s’installent dans son mas du Simbèu qu’ils réquisitionnent en janvier 1943.

En février 1943, le Marquis de Baroncelli est expulsé du mas du Simbèu et s’installe dans le village des Saintes.

Affaibli par la maladie et terriblement attristé, il s’éteint le 15 décembre 1943 à Avignon.
18 Décembre 1943 Obsèques à Saint-Agricol ; inhumation au cimetière Saint-Véran.

Son gendre Henri Aubanel, époux de Riquette, prend alors en main le destin de l’élevage et s’associe jusqu’en 1947 avec Paul Laurent. A cette époque apparaît une super-royale de grande qualité avec Bernissois, Cabussaire, Cinq Francs, Brun, Lebrau et Félibre et en 1950 c’est Vovo qui commence la carrière que l’on connaît.

Pierre Aubanel, petit fils du Marquis prend la relève en 1998.

En juillet 1951 ses cendres sont transférées aux Saintes, dans un tombeau situé sur l’emplacement du Mas du SImbèu que les Allemands ont détruit lors de leur débâcle en 1944.

Ce tombeau se visite, avec tout le respect dû à la mémoire Dóu Marqués.

P.-S.

Voir aussi Baroncelli*

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