Bouvine et Traditions
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Lettre de 1874 adressée au ministre de l’intérieur par les taureaux de Camargue... (2)

dimanche 9 octobre 2011, par Simbèu

Suite...


.....

Oh ! les belles abrivado que l’on donnait à Arles ! Si vous aviez vu, Monsieur la Ministre ! Là, quelquefois, quatre ou cinq cents cavaliers, avec le trident à l’arçon de la selle, venaient nous chercher dans les marais. Puis, comme nous arrivions avec cette noble escorte, ils nous lançaient au galop sur l’esplanade des Lices. Ah ! que c’était joli ! les biòu, les cavaliers, les gardians et le peuple, tout ce monde exultant, ardent, empressé, prenait son élan et se bousculait autour des remparts : c’était une révolution, une épouvante, une folie qui faisait plaisir à voir ! Tout le monde avait peur et tout le monde voulait y être...
Mais le plus beau, Monsieur, se passait ensuite dans les arènes. Vous n’ignorez sans doute pas, Monsieur le Ministre, que les arènes d’Arles et celles de Nîmes ont été construites pour faire courir des biòu... Ah ! comme nous resplendissions dans les Arènes !

La porte est ouverte :
Le dos recouvert
D’une nuée de mouches,
La bête sauvage
Sort de sa cachette
Et part dans la piste.

Mille amateurs, les plus courageux, les plus acharnés, les plus dégourdis, nous entouraient vite pour enlever la cocarde. Mais le bout de ruban que nous portions aux cornes, ce n’était pas une mince affaire de venir le toucher.

Dans sa course adroite
L’un de la main droite
Lui attrape la queue ;
Sur l’arrière train
De la bête noire,
L’autre envoie un coup.

Là, les raseteurs nous amusaient beaucoup, quand ils nous couraient devant en faisant le raset avec leur bâton de vigne !... Oh ! si rusés soient-ils, les ternen de Camargue l’étaient encore davantage : immobiles au milieu de l’arène, avec leurs yeux luisants et leurs cornes en demi-lune, un seul faisait front à toute l’escouade...
Puis, quand nous voulions plaisanter, allez ! à l’improviste nous foncions dans le tas, et mon bon ami ! il fallait les voir courir ces braves Provençaux ! Qui agonisait par ici, qui tombait par là... De rire, nous nous roulions par terre.
Quelquefois, c’est vrai, quelque blanc-bec ou petit Français négligeant recevait un coup de corne ; mais ce n’est même pas la peine d’en parler, et la foule chantait avec le hautbois de Nîmes :

"S’aguèsse resta dins soun oustau
La bano dóu biòu i’aurié pas fa mau".
(S’il eût resté dans sa maison
La corne du biòu ne lui aurait pas fait mal).

A suivre...

Première mise en ligne le 10 octobre 2011

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