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VENTADOUR de Jean Lafont (1/2)
par Marcel Pol

samedi 21 mars 2020, par Salva

Ventadour : descendant de la pure race des Combet-Granon, un taureau de petite taille, mais d’une souplesse et d’une résistance extraordinaires

- Né le 10 avril 1968
- père Lusignan
- fils de la vache Gitane II n° 337, fille de Gitane I meilleure vache de la manade de 1949 à 1952, et mère de Gitan II n° 215
- première course, fin 1974, il a 6 ans et demi, à l’occasion de la fête d’Aigues-Mortes.
- portait le numéro 839
- despedida le 28 octobre 1984
- mort le 30 juillet 1993
- mis en terre droit debout au mas Saint Anne

17 Mai 1981, Ventadour rentre au toril sous l’immense ovation du public enthousiaste et gagne ainsi brillamment, aux arènes de Beaucaire, la Coupe du meilleur cocardier des 3 courses du Muguet d’Or - Souvenir François Canto, patronné par le Club Taurin local "Le Trident".

Ventadour a 13 ans, il vient de montrer qu’il reste le plus brillant cocardier de Camargue, le plus complet, le plus combatif, voire le plus racé, en un mot le cocardier idéal pour le public de l’époque actuelle.

Certes il y a des taureaux plus durs, plus dangereux, plus difficiles pour les hommes en blanc et d’autres certainement plus spectaculaires, mais Ventadour reste le taureau capable de satisfaire tous ceux qui fréquentent les arènes du spectateur, néophyte au plus pur "afeciouna", et même les raseteurs qui apprécient sa caste et sa bravoure.

Pourtant Ventadour a déjà 13 ans et a déjà été 2 fois Biòu d’Or - en 1977 et 1979 - mais sa brillante combativité et sa grande classe demeurent intactes pour le plus grand bien de la bouvine et des courses camarguaises.

Ph Muscat

DE BONNES ORIGINES

Le manadier Jean Lafont se plaît à dire que Ventadour est un descendant de la pure race des Combet-Granon, un taureau de petite taille, mais d’une souplesse et d’une résistance extraordinaires comme l’ont été les meilleurs taureaux de la devise verte et rouge, tels Caraque, Cosaque, Virgile, Pédro, Gitan II, pour ne citer que les plus connus.

D’ailleurs Ventadour est le fils de la vache Gitane II n° 337, fille de Gitane I meilleure vache de la manade de 1949 à 1952, et mère de Gitan II n° 215 qui, nous dit Jean Lafont, aurait bien mérité le Biòu d’Or en 1968.

Ventadour issu d’une telle lignée ne pouvait être qu’un taureau de grande classe. Il n’a pas failli à ses origines, et reste en 1981, le chef de file de Sainte Anne, le cocardier vedette de la réputée manade Jean Lafont, ex Combet-Granon.

Mais du fait de sa petite taille et de son aspect malingre, Ventadour ne fut pas un taureau précoce.
Né le 10 avril 1968, il ne courut pour la première fois dans des arènes que fin 1974, à l’âge de 6 ans et demi, à l’occasion des fêtes d’Aigues-Mortes.

Les gardians de la manade qui assistaient à cette course, remarquèrent ce petit taureau, qui malgré sa taille réduite, fit preuve d’une combativité et d’une vivacité peu communes.
Ils le signalèrent à Jean Lafont, qui le baptisa Ventadour, en souvenir de
Bernard de Ventadour, un troubadour d’origine roturière né à Ventadour en Languedoc, mort en 1223 en l’Abbaye de Montmajour où il se fit religieux.
Un temps troubadour de la duchesse de Normandie, future reine d’Angleterre, Bernard de ventadour n’oublia jamais ses origines et savait écrire et parler en provençal.

Comme à la descendance des "Gitanes" Jean Lafont donnait des noms de poètes et de nobles provençaux du Moyen Âge, le manadier de Sainte-Anne choisit le nom de Ventadour pour ce n° 839, fils de Gitane II, essayé fin 1974 à Aigues-Mortes.

LES PREMIERS ESPOIRS

En 1975, Ventadour a 7 ans mais il est toujours assez chétif et paraît un taureau jeune.
Il va donc courir avec des taureaux jeunes, à Marsillargues le 25 mai 1975. Ventadour est remarquable de brio et de combativité, et devient dès lors, un des meilleurs espoirs de la fameuse devise verte et rouge.
Il va encore courir le 27 juillet à Cabannes ; le 15 et 30 août à Paluds-de-Noves. À chaque course il s’aguerrit, surclasse ses congénères et surtout, fait grandement plaisir aux spectateurs de ces courses.

Le manadier Jean Lafont n’hésite alors pas à le présenter à la finale du Trophée de l’Avenir le 5 octobre 1975 à Beaucaire.
Certains en sont surpris, car Ventadour n’est pas encore très connu, et surtout n’est toujours pas d’une belle présentation.

Mais le manadier Jean Lafont avait raison : C’est Ventadour qui réalise le meilleur jeu, avec vivacité et alegria ; mais c’est Vidourle de Guillerme qui tout de même devient "Biòu de l’Avenir", grâce à sa magnifique prestance et ses spectaculaires coups de barrière.
Dauphin de Vidourle, c’est tout de même une référence, et Ventadour, maintenant mieux connu, va terminer sa saison taurine le 5 octobre 1975 à Lunel où il va être encore meilleur qu’à Beaucaire, et entendre 5 fois l’air de Carmen, sous l’ovation du public.

LA CONFIRMATION

En 1976, Ventadour va donc gravir un échelon supérieur, et courir avec des cocardiers plus chevronnés, et le 22 août 1976 à Mouriès il va être nettement le meilleur de la royale de Sainte-Anne, malgré Mousquioun, Diogène, Périclès, et la presse taurine parle de "triomphe" dans ses titres.

Auparavant Ventadour avait couru :
- le 18 avril à Lunel ;
- le 2 mai à Vauvert ;
- le 16 mai à Aigues-Vives ;
- le 13 juin à Sommières
et
- le 28 juillet à StChristol.

À chaque course, il fit grandement honneur à sa devise et sa brillante combativité alla sans cesse croissante, jusqu’à ce triomphe de Mouriès, à la grande joie des "afeciouna" et de son propriétaire, heureux de son bon jugement et de sa confiance dans les bonnes origines de Ventadour, malgré sa chétivité juvénile.

LA CONSÉCRATION : 1er Biòu d’Or

En 1977 Ventadour a 9 ans, il devient l’élément majeur de la super-royale de Sainte-Anne, et va courir avec ses immenses talents de cocardier dans les plus grandes pistes de la région.

Il ne faillit jamais à sa réputation et se révèle le plus souvent le meilleur à chacune de ses courses, notamment à
- Lunel le 3 avril et le 30 mai ;
- à Beaucaire le 24 avril et le 24 juillet ;
- à Nîmes le 15 mai ;
- à Mouriès le 12 juin ;
- à Aigues-Vives le 26 juin
et, surtout
- le 9 octobre aux arènes d’Arles où il est sacré Biòu d’Or 1977.

Une magnifique victoire, et la plus grande consécration pour ce taureau qui n’attire pas spécialement le regard dans la manade, mais qui devient d’une remarquable beauté dans le combat avec l’homme dans l’arène.

Suite...

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