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gase (élevage)

jeudi 22 mars 2012

Du N. C. fém. provençal gaso francisé : gué
(élevage)

Traversée d’une pièce d’eau.

- 1) Zone peu profonde de communication entre étangs saumâtres ou lagunes, pouvant être franchie à gué.

- 2) Traversée des taureaux (ou des chevaux) accompagnés des cavaliers, les gardians, d’un canal, d’une rivière, d’une roubine...

La gaso était liée à la transhumance.

La manade Lescot pouvait, suivant les années, traverser les deux Rhônes lorsqu’elle louait le Grand Radeau* .

A Aigues-Mortes, pendant la fête, est mis en place un festival (concours) de gases en souvenir de la traversée du Petit Rhône par les manades en route vers les prés du Cailar. Elle se déroule le mardi matin au lieu dit " le bourgidou"

"L’origine de la "gase" terme provençal de traversée de gué en français était une activité d’éleveurs qui avait pour but de franchir un fleuve ou un canal pour changer les bêtes de pâturage.

Pays d’été et pays d’hiver étaient en somme des transhumances nécéssitées pour le renouvellement des herbages.
La "gase" ne s’improvisait pas comme aujourd’hui pour attirer des touristes et en faire un spectacle.

La période était calculée, le jour longtemps choisi à l’avance, et les manadiers de part et d’autres des fleuves se prêtaient main forte entre eux.
Avec eux, même les pêcheurs avec leurs barquets "nègue chin" étaient recrutés sur place.
Le gardian de confiance ou le manadier lui même embarquait le premier sur le barquet où il tenait sa monture à la laisse et appelait le simbèu pour que la manade suive l’ancien en confiance.

De part et d’autre de la rive étaient les gardians qui d’un côté poussaient et de l’autre réceptionnaient.
Et tout ceci se faisait dans la discrétion, au seul bruit de l’appel du gardian pour ne pas effaroucher les bêtes.
Et il y avait en ce temps là un véritable savoir faire, un "examen de passage" pourrait-on dire, que d’aucun de nos amateurs actuels ne saurait réussir avec autant de succès.

Mais tout ceci est d’une autre époque.
Il ne reste dans cet exercice qu’un spectacle fantaisiste et parfois douloureux.

Attention aux anti taurins à tout crin qui pourraient s’en mêler à nos dépens.

Liberté"

gase2

gase

mais aussi :

gazechevaux

JPEG

Première mise en ligne le 23 octobre 2002

P.-S.

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9 Messages de forum

  • gase (élevage) Le 6 juin 2012 à 13:11 , par Bernard

    C’était il y a fort longtemps le seul moyen qu’avaient les manadiers pour arriver a aller d’un côté à l’autre du grand ou petit Rhône, il n’y avait qu’un pont celui au niveau de la gare d’Arles, puis plus rien jusqu’à la mer soit 45 kilomètres environ , pensez a un manadier partant du Cavau à Fos et devant se rendre au Cailar, ou aux Saintes ; ce qui obligeait les manadiers à faire d’immense parcours, très longs et fastidieux, de plus très dangereux, cette façon de faire à été petit à petit abandonné lorsque la traction mécanique a pris la relève, ce qui était bien plus sécurisant, plus confortable, plus rapide pour faire transiter les bêtes.

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  • gase (élevage) Le 30 juin 2012 à 08:03 , par Bernard

    C’est devenu de nos jours des manifestation traditionnelles, qui se déroulent pendant les fêtes votives , c’est un spectacle gratuit, en principe se faisant le dimanche matin. Il a pour but de faire revivre ce qui était un travail assez courant pour les gardians et manadiers.

    quelques gases :

    St Gilles fin août
    St Rémy fin sept
    Sommières fin aout
    Château fin juillet
    Bellegarde mi-mai
    Aigues-Mortes octobre

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  • gase (élevage) Le 6 janvier 2018 à 08:10 , par Bernard

    Ce texte que nous avait transmis Liberté et qui avait passé aux oubliettes, nous le mettons en ligne avec un certain retard, je m’en excuse

    Raconté par un vieux manadier patenté :

    "l’origine de la "gase" terme provençal de traversée de gué en français était une activité d’éleveurs qui avait pour but de franchir un fleuve ou un canal pour changer les bêtes de pâturage. Pays d’été et pays d’hiver étaient en somme des transumances nécéssités pour le renouvellement des herbages. La "gase" ne s’improvisait pas comme aujourd’hui pour attirer des touristes et en faire un spectacle. La période était calculée, le jour longtemps choisi à l’avance, et les manadiers de part et d’autres des fleuves se prêtaient main forte entre eux. Avec eux, même les pêcheurs avec leurs barquets "nègue chin" étaient recrutés sur place. Le gardian de confiance ou le manadier lui même embarquait le premier sur le barquet où il tenait sa monture à la laisse et appelait le simbèu pour que la manade suive l’ancien en confiance. De part et d’autre de la rive étaient les gardians qui d’un côté poussaient et de l’autre réceptionnaient. Et tout ceci se faisait dans la discrétion, au seul bruit de l’appel du gardian pour ne pas effaroucher les bêtes. Et il y avait en ce temps là un véritable savoir faire, un "examen de passage" pourrait-on dire, que d’aucun de nos amateurs actuels ne saurait réussir avec autant de succès. Mais tout ceci est d’une autre époque. Il ne reste dans cet exercice qu’un spectacle fantaisiste et parfois douloureux. Attention aux anti taurins à tout crin qui pourraient s’en mêler à nos dépens. Liberté"

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    • gase (élevage) Le 6 janvier 2018 à 11:05 , par Salva

      On peut retrouver ce texte ici :
      -  gase (élevage) *

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    • gase (élevage) Le 6 janvier 2018 à 17:53 , par Morra

      Bonjour,
      aux archives d’Arles, dans les textes du 17 et 18 eme siècle, une "gaze" est un gué.

      J’ai en ma possession une coupe du canal du Japon ou les gaze sont identifiées, "gaze du Grand Badon , des Pluviers (ile des)etc....

      C’est bien entendu l’endroit moins profond qui était choisi pour faire passer les troupeaux sans risque.

      Je pense que c’est bien plus tard que ce mot fut relié à l’action de faire passer du bétail.

      Bien à vous M Morra

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      • gase (élevage) Le 9 janvier 2018 à 09:15 , par Liberté

        A l’attention de monsieur MORRA,
        Monsieur MORRA, vous etes doté d’une belle érudition démontrée à travers ce site mais je voudrais préciser que le mot "gaze" s’écrit en Provence "gase".

        Enfin je le présume.

        Car le Trésor du Félibrige mentionne à ce titre "gaso" (gué), alors que "gazo" est un tissu transparent.
        Le "z" n’est pas très employé dans la langue provençale.

        Cette langue que l’on qualifiait de "patois" n’a jamais été enseignée à ceux qui la pratiquaient. D’où d’innombrables erreurs d’écriture que Mistral s’est efforcé de corriger en lui rendant ses lettres de noblesse.

        Certains s’obstinent, comme le déplorait notre bien aimé Chamand (Lebrau), instit de la vieille école, à écrire razeteur avec un "z" alors que ce mot s’écrit tout simplement raseteur.

        Pour le reste monsieur Morra, on est bien d’accord sur la fonction de la "gaso".

        Liberté

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        • gase (élevage) Le 9 janvier 2018 à 16:21 , par Morra

          Vous avez raison,
          mais dans les textes du 17 et 18 eme siècle ce mot est écrit avec un "Z".

          Il est vrai qu’à cette époque l’orthographe importait peu, le même mot est souvent écrit de plusieurs manières différentes dans la même page.

          Mes meilleurs vœux à toute l’équipe, et bravo pour votre travail.

          Bien à vous M Morra

          Ps : comment peut on faire pour vous envoyer des photos de documents ?

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