Dans une étude de 1991, Patricia Guyotte écrit :

  • En 1903 Baranger porte : chapeau sombre, veste noire, pantalon sombre, des triscousses et des sabots".
  • En 1910 Naudot porte : pantalon assez ample d’un ton moyen avec liseré sur le coté sur des bottes, chemise claire à rayures ; fermé ; petit gilet, chapeau foncé assez haut sur tête à petits bords.

Les autres accessoires d’habillement : casquetoun à rabats, caban, burnous d’hiver, bottes de marais, "garamacho", houseaux de toile cirée, sabots plats, sont communs à tous les habitants de l’île, ces pièces du costume ont pour but de préserver l’homme du vent, de la pluie, de l’humidité du sol.

Ce sont La Nacioun Gardiano et le marquis de Baroncelli surtout qui ont codifié cette vêture traditionnelle en l’adaptant aux nécessités de la vie gardiane.

  • le chapeau dit de Lunel, cabossé de deux coups de poing par-devant et légèrement aplati par derrière est devenu classique.
  • la chemise est portée ample, bouffante à la taille et de préférence ornée de motifs de couleur vive.
  • La taiolo est devenue un simple foulard chamarré, à la mode saintine, qui se noue sur les reins.
  • La veste de velours, bordée d’une ganse a pris une coupe plus moderne et sa doublure intérieure est devenue rouge.
  • La cravate portée dans les fêtes et dans la tenue de tous les jours remplacée par le foulard imprimé.
  • Le pantalon de peau, épais et solide, s’est orné d’un passepoil. Très ajusté à la taille et sur le ventre, il a formé aux cuisses le pont qui le rend cavalier. Il s’est resserré aux genoux afin de na pas remonter lors des travaux mais surtout lors de la monte à cheval tandis qu’il s’élargissait sur le pied, à la mexicaine.
  • Baroncelli crée la coupe gardiane, qui prend véritablement sa forme définitive dans le courant des années 1920. Le plus remarqué réside dans la veste de velours noir à bord satiné et au pantalon en peau de taupe.
  • Il semblerait que cette veste soit celle que portait l’ingénieur russe, peintre de la Camargue Yvan Pranishnikoff* au collège impérial russe pendant sa jeunesse. Baroncelli l’adopta immédiatement et elle devint la veste traditionnelle des gardians..
  • Particularité : les gardians du Marquis, ne portaient jamais le gilet car cette pièce vestimentaire est interdite par l’étiquette de la Nacioun Gardiano. Ils se paraient volontiers de chemises rouges ou à pois, à ramages et enfin dans ces derniers temps, à grands carreaux.

1930 : le rigorisme baroncelien s’exerce et avec le nouveau capitaine de la Nacioun, Alphonse Arnaud, ils annoncent par communiqué à tous les cavaliers en date du 22 janvier 1930, concernant la tenue gardiane :

  • "La tenue gardiane est de rigueur et l’on ne tolérera aucun manquement à son égard. Je vous en redonne le détail : chapeau de Lunel, veste de velours, chemise de couleur sans gilet, pantalon de peau de taupe, taiolo ou foulard.
    De plus, il vous faut savoir que, par décision votée au conseil de la Nacioun le 19 janvier, les chevaux arabes et les chevaux de couleur sont, à partir d’aujourd’hui, radicalement supprimés des rangs de la Nacioun Gardiano.
    "