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Daniel PELLEGRIN et GOYA (2/2)

La mémoire dans la peau

samedi 2 mars 2013, par Quiquinou

Le 31 janvier 1986, Goya nous quittait...

C’était un taureau extrêmement intelligent ! J’ai rarement rencontré un taureau intelligent comme lui.

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Beaucaire 1974 - Goya - Simeon
Photo Naval

A Châteaurenard, il y a l’angle qu’on appelle l’angle de Goya, celui qui est en rentrant à droite dans les arènes.
A l’époque c’était un angle très difficile, il n’y avait pas de burladero, il n’y avait pas de chevron, et la seule solution était de s’accrocher au poteau d’éclairage.
J’avais le soutien de trois bonhommes exceptionnels, Castro, Dumas et Jouannet. J’avais la charge de faire le premier raset et si le cocardier ne repartait pas sur la reprise du gaucher, il me sautait après, donc j’avais cette unique solution de m’accrocher au poteau. Ce poteau, je le manquais rarement.
Sur mon premier raset, il me suit, je m’accroche, mais il fallait donc recommencer. Donc on demande à Jouannet et à Dumas de se rapprocher, pour que Goya les suive sur leur reprise. Sur le raset suivant, je pars, le taureau me quitte sans problème pour partir sur le gaucher. Pour le troisième coup, on décide de refaire pareil, mais Goya avait tout compris, il me quitte plus tôt sur mon raset, il coupe le terrain à Jean Jouannet, et il a traversé la piste avec Goya derrière lui, en arrivant de justesse à sauter la barrière à l’angle gauche.
Il savait qu’il était obligé de faire ce raset, sinon c’est moi qui étais en danger. Nous avions une immense confiance entre nous, il le fallait de toute manière car nous étions en danger permanent. Et on faisait tout ça, pour que Patrick Castro, qui était plus rapide, plus fluide et surtout plus adroit - pour lever, c’était un ordinateur - puisse faire l’attribut. On savait que si on arrivait à planter Goya à 10 mètres de la planche, Castro lui ferait le ruban. Et c’est pratiquement toujours ce qui se passait.

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La plus grande victoire que j’ai pu avoir, contrairement à ce qu’on peut penser, c’est que je rasete Goya à Lunel, il me blesse, je m’arrête 3 semaines, je reviens aux Saintes et la semaine suivante, je retrouve Goya à Beaucaire et je lui lève cocarde et glands.
Alors, il faut se mettre dans la tête d’un raseteur qui a été blessé.
Douter, puis revenir face au taureau qui l’a blessé, qui plus est Goya, lui lever des attributs, c’est un immense soulagement, surtout quand on a ses proches qui doutent, parce que vos amis et votre famille ont peur, plus que vous. La pression vient de tous les cotés et ça c’était pas évident à gérer. C’est sûrement ma plus belle victoire.

Goya taureau magique, taureau qui reste pour moi le plus grand taureau qu’on ait jamais eu. Ca c’est certain.
Le biou d’or des bious d’or a été donné à Barraïe, mais pour moi le critère principal d’un taureau c’est la maîtrise du terrain, et quel est le taureau qui avait une maîtrise aussi grande, aussi pleine, aussi complète, aussi dangereuse que Goya ?

Sans enlever toute la classe de Christian CHOMEL, il ne faut pas oublier que Barraïe était un taureau qui lui permettait de lui faire faire tout ce qu’il lui a fait faire justement. Alors que nous, Goya, ne nous permettait pas de faire ce qu’on voulait. Il a eu un biou d’or décrié en 1976, mais il aurait dû en avoir plusieurs.
Le taureau était jalousé parce qu’il était chez Laurent, mais surtout parce que c’était une star.

Première mise en ligne le 31 janvier 2006

P.-S.

PS :
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