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L’ancienne ville des Arènes 2-8

mercredi 17 avril 2013, par Bernard

A qui appartient l’amphithéâtre ?

Ce magnifique édifice, construit au 2e siècle de notre ère, probablement par les habitants avec l’aide des empereurs, avaient servi aux jeux sanglants de cette époque jusqu’au jour ou le christianisme fit disparaitre les combats de gladiateurs, tout en faisant subsister les combats de bêtes féroces. Les Visigoths, barbares dédaigneux des plaisirs des peuples civilisés, supprimèrent tous ces spectacles et changèrent la destination du monument. Ils élevèrent à l’est, au sommet des gradins, deux tours qui dominaient la plaine et la surveillaient au loin, par-dessus les remparts voisins de la ville, ils creusèrent un fossé profond au tour de son enceinte, puis murèrent les arcades des portiques transformés ainsi en abris pour les défenseurs de cette forteresse improvisée. C’était encore un réduit assez redoutable pour les armées d’invasion, qui n’avaient ni le temps, ni la science des longs sièges, que cette masse imposante, sorte de tour massive haute de 60 pieds et large de 400, c’était aussi un refuge assuré pour les habitants de la grande ville échappés aux massacres et aux ravages successifs des Visigoths, des Francs et des Sarrazins (1)

Lorsqu’en 737, Charles Martel mis a sac les villes de la Septimanie,(1) il fit subir le même sort à Nimes, et ne pouvant démolir les arènes comme il avait démantelé les remparts, il voulut au moins les rendre inhabitables, et livra aux flammes les maisons bâties à l’intérieur, pour en punir les défenseurs(2). A partir de 752, le pays passa sous l’autorité nominale des Rois de France et, en réalité sous celle de l’un de leurs grands feudataires, le comte de Toulouse. Du reste pendant cette longue période de guerre, tous ces conquérants passagers ne changèrent rien au droit Romain, qui était la loi du pays et, malgré les désordres inévitables, laissèrent aux habitants leurs biens et leurs coutumes ; c’est un point essentiel à faire remarquer.

C’est seulement vers 1100, à l’apogée du régime féodal, qu’apparaissent les chevaliers des arènes ; sorte de communauté militaire formée de la noblesse du pays, et ainsi appelés parce qu’on les désigne dans les actes sous le nom de « milite castri arenarum ». On voit, par les serments de fidélité qu’ils prêtent à la dynastie seigneuriale des Bernard-Aton, que l’amphithéâtre forteresse est bien le château du vicomte et le chef lieu de sa vicomté. Les bourgeois de la ville ne sont leurs vassaux, mais leurs voisins et leurs alliés ; indépendance complète de part et d’autre ; chaque cité a ses consuls, qui ne délibèrent ensemble que sur les intérêts communs. Quant au nombre des chevaliers, il est indiqué par l’accord de 1226, où plus de cent noms figurent au bas de l’acte. A la fin de la guerre des Albigeois, les magistrats de la ville et du château crurent prudent d’envoyer leur soumission à Louis VIII, qui descendait le Rhône à la tête d’une armée de 100 000 hommes le roi de France l’accepta et demanda comme une faveur aux chevaliers de laisser provisoirement une garnison royale occuper les arènes, tandis qu’ils iraient eux même habiter les maisons qu’ils possédaient dans la ville ou ailleurs. Quelques jours après, il remerciait « ses bons amis » quoi étaient partis sans plus attendre, mais il leur déclarait qu’il ne voulait en aucune manière les priver de leurs propriétés, à eux et à leurs descendant. Les chevaliers avaient compris que toute résistance était impossible et qu’après la défaite des comtes de Toulouse et l’écrasement de l’hérésie des Albigeois, s’en était fait de l’indépendance et de la nationalité du midi de la France. On profita même de leur désarroi pour leur enlever le privilège de leur consulat particulier ; mais Saint Louis le leur rendit, sur leurs réclamations, comme conforme aux intentions de son père. Seulement, sous son successeur et malgré les habitants de la ville, on combla le fossé qui entourait les arènes ; puis on les jugea impropres à la défense de la ville, et on les remplaça, sous Charles VI, par le château royal de la porte d’Auguste. Les descendants des chevaliers, des croisés, des féaux de nos vicomte, abandonnèrent alors leur antique forteresse, déclassées diront nous aujourd’hui, pour habiter définitivement et bourgeoisement la cité. « Leurs anciennes maisons »dit Ménard, passèrent en d’autres mains et ne furent bientôt occupées que par des personnes de médiocre condition qui, loin de veiller à la conservation de l’édifice, n’ont fait que le dégrader.

P.-S.

Extrait d’un ouvrage de 1896.

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