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La manade Arc en Ciel (1/3)

mardi 29 janvier 2019, par Bernard

1954-1963

"Tout a commencé avec le grand père, Adrien Barthélemy dit Pitalugo, baile-gardian chez Durand, l’un des plus grand élevage de croisés en Provence, 600 bêtes et a failli être le premier manadier de la famille mais, l’ absence de pâturages lui a fait renoncer à ce projet qui pourtant lui tenait à cœur." (...)

Son oncle Gaston Barthélémy, qui avait fait l’acquisition d’un "char automobile", un Berliet, fut le premier à transporter de cette manière révolutionnaire pour l’époque, les courses de taureaux des pâturages aux arènes, en particulier celle du Marquis et surtout de Fernand Granon, dont il était l’homme de confiance.

Son père Antoine, connaissait la vie de gardian pour avoir vécu dans les Cabanes, actionnaire dans la société du Petit Badon, avec location de pâturages pour Jo Durand, décida d’acheter des bêtes à la manade Raynaud en 1954.

A ce premier troupeau s’ajoutèrent bientôt des vaches d’Henri Aubanel, De Montaud, Rébuffat et Durand, des taureaux et des vaches de Denys Colomb de Dunant.
Un nouvel élevage venait de voir le jour dans le monde de la bouvine.

Des étalons de chez De Montaud-Manse, une bonne origine, une sélection rigoureuse et sérieuse chez les veaux ne pouvait au fil des ans que donner des résultats . Tout au moins toutes les précautions et les atouts étaient pris dans cette perspective.
Ajoutons-y, un nom évocateur et très original pour un élevage de biòu et qui sonne très bien ARC EN CIEL, et la devise qui en découle, idem pour la marque à feu, un point d’interrogation ?
Des pâturages au petit Badon et à Fiélouse et enfin deux gardians qualifiés, Edourd Comte et Joy Sablier.
Début timide en 1955, il faut se faire un nom dans ce milieu si particulier du monde taurin, faire ses preuves car les places sont chères, d’abord avec du bétail acheté chez les confrères en attendant que les veaux acquis soient en âge d’être à leur tour présentés et qu’un jour, que l’on souhaite prochain, ce soient vos propres produits nés à la manade qui foulent le sable de l’arène.

Premières apparitions en piste donc, à Tarascon dans un concours Durand-Arc en Ciel avec Conscrit et Picalla qui en resteront là, à Vallabrèges en compétition avec Tardieu avec Cibouleto, Vaccarès, Tamarisso et à Caumont sur Durance avec Petit Co Blanco.

Cette même année aussi Marcel Mailhan faisait ses premiers pas de manadier à Barbentane.
En octobre, la présentation des cocardiers de la manade à Mouriès en présence des afeciouna avertis tels André Blanc, Maire et André Brunet, impressionna à tel point , que la course fut engagée pour Pâques de l’année suivante avec perspective de renouvellement si les promesses entrevues étaient confirmées.
Et elles le seront !

8 avril 1956, Mouriès première sortie de la royale Durand-Arc en Ciel, dans cette composition : Cibouletto, Rinard, Tamarisso, Quo Blanco, Brutus, Petit Quo Blanco, Pétassa, face à 30 hommes.
Ce fut tout de suite la consécration, la tenue spectaculaire de Petit Quo Blanco et de Pétassa, le tout dans une ambiance extraordinaire.
Après d’autres participations en concours, en royale, comme à Arles le 13 mai, il apparaîtra que certains éléments étaient encore un peu tendres, d’autres, en revanche, avaient des qualités pour s’imposer.

Ce sera alors, la fameuse course du 24 juin à Mouriès, toujours sous le vocable de Durand-Arc en Ciel, le premier nommé fournissant : Charron, Pétassa, Quo Blanco.
Le lendemain, la presse ne tarit pas d’éloges "une course, pleine d’émotion", " une course qui s’impose sérieusement dans une ambiance survoltée, avec des exploits spectaculaires qui font vibrer la foule" , et même, dit l’un d’eux "course éblouissante"

Gradins archi-combles et les manadiers viennent à la fin saluer avec une joie bien légitime.
Charron le taureau rouge, se retrouva en contre piste et sema une panique indescriptible, Petit Co Blanco coinça Soler et faillit lui faire un mauvais sort, enfin Pétassa propulsa Dédé Soler encore dans le couloir.
Ces quelques actions, parmi d’autres, créérent des moments d’intense émotion dont les présents ce jour-là sur les étagères se souviennent encore !

Aussi rebelote à Mouriès, le 15 juillet !
Bonne tenue sans les mêmes exploits, mais " qui constitue un apport nouveau et sérieux pour la course libre" commente Mario.
A Fontvieille, en août, le fantasque Pétassa blesse un spectateur, et fait le plein aux Paluds de Noves à suivre

P.-S.

Le Camariguo, N° 136 d’avril 1984, un article de Lebrau

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