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Les courses de taureaux à Avignon (1-8)

lundi 4 mars 2019, par Bernard

Historique et évolution de ce spectacle du XVIIIe au XXe siècle

Avignon ne compte plus, et depuis longtemps, au rang des places de tradition taurine.
Pourtant, les jeux tauromachiques, s’ils ne ressortent pas d’un usage immémorial, ils ont longtemps joui dans notre ville de la ferveur populaire. Leur relative ancienneté, leurs persistances dans les mœurs durant une très longue période, en dépit des tracasseries administratives et même des interdictions qui les frappèrent, leur développement au 19e siècle, justifient largement la place que nous leur consacrons parmi les divertissement qu’autrefois. [1]

L’éloignement des régions d’élevage, à une époque où le bétail, escorté par de bouviers était acheminé de nuit par les chemins, et par voie de conséquence une passion moins exacerbée que celle des habitants de habitants des localités Provençales ou Languedociennes à l’égard d’un fauve qui n’était pas aussi intimement mêlé à leur vie quotidienne, expliquent que les courses de taureaux revêtent à Avignon, au 18e siècle, un caractère exceptionnel.
En principe elles étaient données quelquefois, le 16 août, jour de la saint Roch, dans l’enclos du blanchissage, à l’emplacement actuel du parc de Champfleury.
Elles figuraient alors au rang de ces festivités, célèbres surtout par leurs luttes et auxquelles ne manquaient jamais de se rendre en grande pompe le vice-légat et les consuls. Peut être ne s’agissait-il que d’une course à la bourgine, probablement un jeu avec un jeune taurillon ou une vachette comme cela se pratiquait en ce temps dans le sud-ouest [2] ou encore dans les provinces pourtant bien à l’abri des influences méditerranéennes ou ibériques. [3]

Quoique la preuve de ce divertissement à St Roch ne repose à notre connaissance, sur aucun écrit contemporain, en particulier de caractère négatif, comme par exemple une réprobation de l’autorité tant civile que ecclésiastique, ou une mesure de police. [4] on peut ajouter foi à des textes, certes postérieurs, mais assez proches de l’évènement pour ne pas mettre en doute une tradition orale tenace. [5]

Par contre, irréfutable est la mention du chanoine Arnavon qui relève dans son journal à la date du 25 août 1769, qu’un sieur Rollet, menuisier, a donné dans l’enclos st Roch « un combat de bœuf de Camargue ». [6] la Saint Louis était devenue dans le comtat annexé une grande fête chômée. [7]

Le goût des plaisirs hauts en couleur dans la société avignonnaise est d’ailleurs attesté par la célèbre affiche de 1771. « sur le combat sanglant du taureau avec des chiens dogues anglais », lesquels eurent pour théâtre la cour de l’hôtel de Villeneuve. [8]

La révolution et l’empire paraissent une période peu favorable aux courses de taureaux, les cérémonies civiques prenant le pas sur des passe-temps plus frivoles et les amateurs d’émotions fortes pouvant trouver ailleurs de quoi alimenter leur passion ; [9] et il faut attendre la Restauration [10] pour les voir se multiplier.
Le Comte d’Artois ne leur avait-il pas conféré des lettres de noblesse en daignant assister, le 11 oct 1814, à une ferrade dans les arènes de Nîmes, récemment dégagées des constructions qui les déparaient ?

En 1815, une course se déroula à la Barthelasse, mais les bœufs furieux s’échappèrent de l’enceinte et jetèrent l’effroi dans toute l’ île, ce qui nécessita l’envoi d’un détachement de troupe qui tua ces animaux à coups de fusil. [11]

Le 15 juillet 1816, premier anniversaire du jour où « Avignon secoua le joug des fédérés, [12] on donna, avec l’accord du préfet du Gard, une course sur l’ île Piot dans le chantier des bois de construction du nouveau pont. [13]
Deux tribunes avaient été dressées pour les autorités, la musique et les spectateurs. [14]
Malheureusement, la fête fut quelque peu gâtée par la pluie. [15]
On retourna à Champ fleuri pour la Saint Louis de 1823 où le combat fut fourni gratuitement à la population. [16].

Notes

[1] il reste surprenant que l’archiviste Hyacinthe Chobaud, qui à fourni divers articles très documentés, comme à son habitude, sur les courses de taureaux dans le Gard et à Nîmes n’ait pas laissé la moindre note sur ce même sujet à Avignon pendant qu’il dirigeait les archives de ce département

[2] Maurice Ferrus, la corrida à travers les âges 1925

[3] Albert Colombet, corridas d’autrefois en Bourgogne 1960

[4] les jeux et exhibitions devaient toujours bénéficier d’une autorisation

[5] "L’Union de Vaucluse" 15 août 1874

[6] bibliothèque Calvet 1520

[7] sur les 4 heures on a commencé un combat de taureaux dans l’enclos de Saint Roch qui à duré jusqu’à la nuit

[8] joseph Girard , évocation du vieil Avignon 1958

[9] dans le Gard, des arrêtés des ans IV et VIII

[10] La Restauration est la période de l’histoire de France comprise entre la première abdication de Napoléon Bonaparte le 6 avril 1814 et son retour en mars 1815, et entre la chute du Premier Empire et la révolution des Trois Glorieuses de 29 juillet 1830 NdR

[11] archives de Vaucluse, courses de taureaux 1837

[12] on appelait ainsi sous la terreur blanche, ceux qui avaient adhéré à la minorité Bonapartiste d’Avignon

[13] archives départementale du Gard

[14] archives municipales modernes d’Avignon

[15] "journal de Chambaud"

[16] archives municipales modernes d’Avignon

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