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Les courses de taureaux a Avignon (8-8)

lundi 18 mars 2019, par Bernard

Historique et évolution de ce spectacle du XVIIIe au XXe siècle

extrait du fascicule d’Alain Maureau, paru en 1971

Les arènes de Bagatelle qui jusqu’ alors occupaient l’emplacement de ce qui fut la guinguette de Pavillon Bleu et plus précisément de son skating sont démolies et reconstruites en 1897 à quelques 100 mètres au nord où elles demeurerons jusqu’en 1948.
Pour leur inauguration , l’ imprésario Dide de Nîmes, qui désire relancer une aficion défaillante, met sur pied une grandiose corrida avec le concours de toreros experts [1] et l’attrait du bétail issu d’une ganadéria réputée .
Mais ce bel élan ne dura guère, les recettes trop faibles ne permirent pas la poursuite de ces efforts. La fuite d’un entrepreneur indélicat parti avec la caisse, déclencha l’ire du public déjà installé sur les gradins et mécontent que les toréadors, non payés, refusent de pénétrer dans l’arène [2].

On tenta bien de relancer l’intérêt par des exhibitions variées et quelque fois assez saugrenues. Ainsi, se produisit une quadrilla composée uniquement de jeunes filles, les Niñas Barceloneses [3], en intermède, un dompteur présenta son ours lutteur et boxeur [4], une mise à mort est donné par une femme, Sylvestre Françoise [5], en prélude à une course, un taureau dénommé Bazile et apprivoisé par un jeune homme de Codognan fait un tour de ville, escorté de bicyclistes [6].

Entre 1900 et 1914, les arènes de la Bartelasse entre les mains d’impresarios aussi impécunieux que passagers dégénèrent définitivement.
Trois ou quatre fois par an des courses espagnoles, sous la direction de Francisco Granja Carrita [7], alertent avec les courses libres qui, grâce au marquis de Baroncelli, retrouvèrent les faveurs d’un public déçu par la médiocrité des corridas [8]

L’aficion Avignonnaise d’ailleurs, au spectacle de courses qui pêchent trop par la faiblesse des protagonistes, bétail Camargue difficile à travailler, toreros de second ordre, très francisé et dont le nom seul fait encore illusion [9] « se montre bon enfant et traduit son mécontentement de façon joyeuse par des interpellations et des lazzi [10], mais il se rend maintenant à Nimes [11] et même Arles, dont la plaza , vers les années 1894, conquiert ses lettres de noblesse et se place au deuxième rang en France [12].

La création d’une nouvelle société taurine, « la Verdad » ne suffit pas à enrayer cette désaffection [13].
Les gradins supérieurs sont complètement pourris et les entrepreneurs se trouvent réduits à exploiter seulement les places du pourtour sur la terre ferme [14].

On peut encore noter la corrida du 14 juillet 1910, où un seul torero estoqua cinq bêtes, ses deux confrères ayant été blessés [15].
La dernière course d’avant-guerre, le lundi de Pâques 1914, mettra aux prises le petit-fils du grand Pouly qui, âgé de quatorze ans, tuera un taurillon [16].

Pendant la première guerre mondiale, toutes les arènes de France furent fermées, en dépit des protestations de certains, qui comprenaient difficilement qu’on s’en prit uniquement aux courses de taureaux et qu’on tolérât les autres manifestations sportives et plus encore , les représentations théâtrales et le music-hall [17].

Le marquis De Baroncelli mit durant les hostilités sa manade au vert dans l’ile de la Barthelasse, mais de nombreux animaux s’échappèrent du pâturage et durent être abattus à coups de fusil [18].

Entre les deux guerres, se déroulèrent à Bagatelle quelques courses de cocarde et charlotades sans grand intérêt.
D’après les renseignements dignes de foi, une dernière mise à mort assez pitoyable, eut lieu sur la place du Palais vers 1948 [19].

Avignon avait rompu et probablement pour toujours avec un spectacle traditionnel et original pour s’aligner, en cette manière encore, sur une triste et banale uniformité [20].

Notes

[1] Minuto, Belo Chico, et Fabrillo

[2] le 14 juillet 1898

[3] le 19 septembre 1897

[4] "la semaine mondaine" 20 juillet 1898

[5] le 9 octobre 1898

[6] "la semaine mondaine" 4 septembre 1895

[7] son papier à en-tête qui se retrouve en abondance, chaque année, où il suppliait le maire d’Avignon de lui laisser gagner sa vie est curieux. Au dessous de son portait suit l’énumération fort longue de ses spécialités.

[8] "la semaine mondaine" de combien je préfère ces courses aux courses de "cape et de mise à mort" 23 avril 1903 N°1461

[9] par exemple Chuffero est le gendre de Jullian, directeur de la manade de l’Etourneau. Chiclanero habite Châteaurenard. Carita est d’Avignon.

[10] lettre du commissaire central au maire d’Avignon 29 mars 1906

[11] dans les arènes modernes se produisent les meilleurs bestiaires de l’époque Bombita, Vincent Pastor, Regaterin....au cours de corrida dont la plus réputée est celle de la presse.

[12] "le Mistral" 16 mai 1894, N°294

[13] "archives départementales du Vaucluse" : sociétés sportives

[14] "archives départementale du Vaucluse" rapport du directeur des travaux de la mairie.

[15] "archives départementale du Vaucluse" rapport du directeur des travaux de la mairie.

[16] "le courrier du midi" 7 avril 1914 N° 4477

[17] voir "Le Feu" 15 septembre 1918

[18] thèse Bretheau page 39

[19] encore une fois un arrêté du préfet, en date du 26 sept 1919 et contre lequel protesta la municipalité Bec, avait interdit sur tout le territoire du département les courses de taureaux.

[20] il est difficile de considérer comme une manifestation taurine des exhibitions du genre de celle que l’on donna par exemple dans le parc d’exposition de Chamfleury fin août de cette année.

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