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Lou Sarraié

mercredi 14 novembre 2007, par Salva

Ce taureau a donc appartenu à quatre manadiers différents :(...)


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Né : 1930
Mort : 1950
Mère : croisée espagnole (Veragua ?)

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Ph : George

Pensionnaire de la Manade DELBOSC frères ( chronologiquement entre Granon et Lafont ) né au grand Radeau, manade Arnaud-Raynaud (180 têtes),vers 1930, il arrivait de la manade du Languedoc appartenant aux frères Arnaud.

Ce taureau a donc appartenu à quatre manadiers différents :
- Arnaud frères
- Delbosc Marcel
- Granon Fernand
- Lafont Jean

avec une particularité : Marcel Delbosc se réserva ce taureau qui, tout en restant dans les pâturages, continua à lui appartenir jusqu’à sa mort en 1950.
Sa dernière course il la fit à Arles sous les couleurs de Lafont où il parut en piste avec Nocturne, Syrien, Cabanon et Cafetier.

L’origine du nom
Comme dans la plupart des associations, surtout dans notre milieu camarguais, l’appellation est liée à un fait marquant, une famille du village.

Il en va de même à Saint-Laurent pour le choix du nom Lou Sarraié.

Explications :
"L’ancien raseteur Francis Valette, beau père de Xavier Ruas, qui avait toute sa famille dans notre village avait comme sobriquet " Sarraié" compte tenu que son grand père, était serrurier ("sarraiè" en Lengo Nostro) et qu’un jour de ferrade à l’Hornède, à la manade Arnaud, il s’était fait envelopper par ce veau gris cendré qui fut par la suite baptisé par son propriétaire, Sarraié. "
raconte Michel Clauzel président du CT "Le Sarraié" de Saint Laurent d’Aigouze

Dès sa naissance il se distingue : son pelage est gris fer, pommelé de gris plus sombre.
Faut dire que dans les années 1880, les manadiers avaient acheté des bêtes "espagnoles" à Durand de Tarascon mais déçus, dès 1890, se consacrent au retour vers le sang pur Camargue.
Ce taureau avait hérité des gènes anciens...

Qu’est-ce qui poussa ses maîtres à garder un tel animal ? Nul ne peut dire, sa différence peut-être...

Sa première sortie il la fit doublen à Marsillargues dans une arène de fortune route de Marsillargues. Il se révéla brave et noble.

Déjà, il manifesta une particularité (certains disaient un défaut) : il sortait du toril en trombe et faisait à toute vitesse, trois ou quatre tours de piste. Puis il se calmait et attendait. Il galopait mais ne sautait jamais.
Avec le temps (1936), cette attitude disparut et ses courses devinrent exemplaires.

Ses courses, disent les journaux de l’époque, il les faisait dans une dizaine de mètres carrés autour du toril. C’était à ce moment là, signe de bravoure et de noblesse.

Voici ce qu’en disait le revistero José (Joseph Mistral, ancien rédacteur au "Toril ") au détour d’une de ses courses :

« Le cocardier paraît avoir des moyens inépuisables ; la
note vingt sur vingt, pour sa course, ne nous paraît pas
exagérée. Sur toutes les images de ce film, nous voyons
le même décor, un fond de barrières avec des gens qui
se reculent précipitamment, des mains tendues pour
aider les razeteurs en danger à sauter, des hommes pliés
en deux, franchissant les barricades en vol plané, et .la
corne, la terrible corne, paraissant démesurément longue,
tellement la pointe était exactement dirigée vers son
but.
Arnaud, qui ne devrait pas faire de razets si courts à
de tels adversaires, manqua d’un rien la cornada.
Un mètre avant les bois, Sarraié « tenait » l’homme entre les
deux pointes. D’un violent coup de tête, il plaqua l’Arlésien
contre un platane et, sous le choc, Arnaud s’écroula
entre la barrière et l’arbre. Il dut son salut à cette chute,
car Sarraié se reprenant décocha un furieux coup de cor
ne qui aurait fait des dégâts, si l’homme n’avait pas
échappé à sa vue.
Le cocardier, d’une franchise sans égale, se trouvait
maître de la piste au bout de six à sept minutes. Je ne
sais pas si vous sentez bien ce que cela veut dire : « maî
tre de la piste » ! Pour notre part, nous voyons trente
hommes, pourvus d’intelligence, de réflexes, rompus à
leur métier, libres de combiner leurs attaques, courageux,
astucieux et désireux surtout d’enlever des cocardes sur
primées. Et, de l’autre côté, une bête, seule à lutter con
tre trente hommes, qui passent souvent plusieurs, pres
que en même temps, une bête qui n’est guidée que par
l’instinct et qui pourtant, grâce à sa bravoure, réussit à
diriger le combat.
Nous trouvons cela admirable, splendide !... »

Et José finit son article en disant :

« Par bien des points, ce taureau nous rappelle l’inoubliable Sanglier ».

Le rasetèrent en se distinguant :
- Hugues
- Garonne
- Michel "Le Beaucairois"
- Merlusse
- Rey
- Boncoeur
- Margaillan
- Héraut
et surtout
- par le jeune Charles Fidani en Arles en 1941 et 42.

Il meurt en 1950, à 20 ans, enlisé dans une roubine une nuit en allant boire.
Madame veuve Marcel Delbosc a conservé sa tête naturalisée.

Première mise en ligne le 14 novembre 2007

P.-S.

Mes plus vifs remerciements à André ROUX d’Aimargues ("L’oncle") pour sa documentation.

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