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André Turquay,
Vice-président FFCC
président Commission Médicale
Messieurs :
- Doc Henri Austrui, Médecin contrôleur AFLD
- André Turquay
- Doc Guy Targues, Médecin contrôleur AFLD
- CH. Mincarelli

Les deux médecins contrôleurs sont assermentés et agréés auprès de l’Agence Nationale de Lutte contre le Dopage. leur compétence s’étend uniquement sur les fédérations françaises.
En préambule à leur intervention, l’un et l’autre ont insisté pour préciser que leur condition de médecin les amenait d’avantage à se soucier de la santé des sportifs qu’ils contrôlent qu’au désir de punir.

Le Directeur Technique Fédéral, Gérard Barbeyrac assurait (et rassurait) l’accueil des tenues blanches. Les nouvelles mais aussi des "anciennes", avec un peu de neige sur le toit...
Cependant, la température n’était pas très rude et dans la journée le soleil s’est montré. Tout pour réussir.

En fin de matinée, on pouvait compter près de 80 chaises occupées.



Après le café-croissant nous sommes passés rapidement au vif du sujet.

Les médecins contrôleurs Austrui et Targues nous ont bien expliqué que la France comptait 20 millions de licenciés sportifs. A tout moment, ces sportifs peuvent être contrôlés mais... pour des raisons techniques et quelque peu financières, seuls 9000 contrôles en moyenne étaient seulement pratiqués.

Que coûte un contrôle et qui finance :
Un contrôle coûte, actuellement, aux alentours de 300€, si une recherche d’EPO est faite le surcoût est de 200€ (300 + 200= 500€ !!!)
Bien que susceptible de modification, le paiement est exclusivement à la charge de l’AFLD dont le budget est constitué par des subventions de l’Etat français c’est à dire par nos impôts !
Globalement ce sont 18 millions d’euros qui sont versés pour payer les contrôles.
Pour en diminuer la charge, des études sont en cours visant à faire participer les Fédérations et à la condamnation du sportif contrôlé positif de payer les frais du contrôle.

Qui contrôle ?
Pour l’instant, c’est toujours un médecin du même sexe que le sportif contrôlé.
Une modification est en cours : il est possible que du personnel paramédical puisse le faire aussi mais est-ce souhaitable ?

Qui est contrôlé ?
Le médecin contrôleur contrôle qui il veut.
Ce ne sont pas les fédérations qui désignent les sportifs à contrôler.
Une particularité : foot et rugby sont d’accord pour que systématiquement les sportifs exclus avec un carton rouge soient contrôlés.

Objet du contrôle :

Vint ensuite le déroulement détaillé de la procédure en cas de contrôle :

  • notification de la demande de contrôle
  • PV à signer
  • obligation de rester à disposition
  • de rester à vue accompagné d’un escorte (délégué ou bénévole)
  • possibilité de commenter dans la case "Observations " du PV
    Faut savoir que refuser de signer le PV de notification de demande contrôle équivaut à une carence et le sportif est déclaré positif, etc...

C’est là où les absents ont eu tort de ne pas venir. La plupart ont cru que l’antidopage était essentiellement une affaire de prise de produits et ne sont pas venus. "Je sais" disent-ils....
Non, pas uniquement. L’Administration ayant horreur du vide elle le comble par une procédure stricte qu’il convient d’observer sous peine d’être déclaré positif. C’est cette procédure qu’il convenait d’assimiler car si elle peut les incriminer, elle peut être prise en défaut si elle ne respecte pas ce qui est prévu.

"C’est ce flacon qu’il
faut remplir..."
Le médecin partage
le contenu du flacon
dans ces deux autres flacons
de couleur scellés ensuite
pour le transport.
Avant congélation,
les flacons sont transportés
dans ce sac de réfrigération.

Présentation du procés-verbal de contrôle utilisé par l’AFLD lors des contrôles :

Le sportif contrôlé peut être assisté par la personne de son choix. Un mineur toujours.
Le sportif doit déclarer les médicaments pris. C’est pour cela que si un traitement est suivi, il est recommandé de toujours avoir sur soi, la prescription.
En cas de nécessité, il doit remplir l’A.U.T. (Autorisation à Usage Thérapeutique). Exemple : les asthmatiques contrôlés et suivis médicalement, peuvent être autorisés à consommer des vasodilatateurs....

Ils ont donné des conseils très simples mais ô combien précieux :

  • ne jamais accepter le "médicament" que vous propose le copain,
  • toujours demander au prescripteur ou au pharmacien, si le médicament à prendre est sur la liste des dopants ou pas. Conseil gratuit qui peut sauver bien des situations.

La discussion se poursuivit à bâtons rompus mais toujours sur des questions essentielles :

  • pourquoi se doper ?
  • quelles sont les conséquences des produits dopants sur la santé ?
    A cette question, unanimement, les médecins ont expliqué que dans la définition même du produit dopant, celui-ci est défini comme portant atteinte à la santé.
    Produit dopant, atteinte à la santé = pléonasme !

Un point a été abordé et devrait faire, de la part de la FFCC, l’objet de prises de mesures adaptées : il serait inconcevable qu’une tenue blanche présente lors de son entrée en piste un taux d’alcoolémie au-dessus des normes prévues.
Des dépistages pourront être effectués car la responsabilité de la FFCC dans ce cas, pourrait être mise en cause.

Le médecin Guy Targues a ensuite souligné qu’à l’initiative de l’AFLD (nationale), et d’elle seule, des contrôles sur les animaux qui participent à une compétition pourront être effectués.
Il rappelle que sur les animaux, aucune prise de médicaments n’est autorisée.

La discussion vint ensuite sur la diététique et l’alimentation du sportif.

André Turquay, vice-président de la FFCC, organisateur de la journée explique que le sujet n’était pas prévu mais vu l’importance que l’assistance y prêtait, il s’engageait à préparer une journée de formation/information sur le sujet dans les plus brefs délais et sur le Centre du Scamandre.

Rémy GASIGLIA

Rémy GASIGLIA, Délégué pharmaceutique, champion de rugby en 1995 avec NIMES NATIONALE B2, nous présenta la gamme des compléments alimentaires proposé par la société dont voici le site :

Il eut le bon goût d’expliquer que les compléments alimentaires, s’ils peuvent aider à optimiser la condition physique, ils ne sont pas un supplétif à la préparation physique individuelle de l’athlète.
"Il ne faut pas les prendre pour compenser mais pour optimiser" a-t-il martelé.

Mais pour les compléments alimentaires c’est comme pour le médicament proposé par le copain : il ne faut pas prendre n’importe quoi, il faut un label.
Dans la gamme des proposés, le label "WALL-Protect® " garantit que ces récipients ne contiennent pas de produits interdits.

Vous l’avez compris la matinée se déroula dans une franche convivialité et chacun put poser les questions qu’il voulait.
Cependant, juste avant le repas, il y eut un moment de calme quand les deux médecins contrôleurs abordèrent les sanctions et les suites données en cas de contrôle positif à la cocaïne et/ou au cannabis...
En effet, au sein même de l’AFLD sont prévues des réunions inter-ministérielles où sont exposés les cas rencontrés.
Le représentant du ministère de l’Intérieur, mis au courant, peut saisir le Parquet et donner une suite pénale, après enquête, en poursuivant les consommateurs de produits stupéfiants.
On imagine les questions :

  • qui a fourni ?
  • combien ?
  • faites-vous partie d’un réseau d’achat, de revente ? etc, etc...
    Vaut mieux éviter.

La réunion prit fin vers 12h20 et un verre de l’amitié (non alcoolisé ou très peu) fut proposé à l’ensemble des participants.

Tous se quittèrent ravis de la matinée tout en rappelant la promesse d’André Turquay : quand est-ce que la journée sur l’alimentation sera organisée ?