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A Beaucaire... Chez Robert on est bourrelier-sellier depuis 1881

Que sont-ils devenus ?

dimanche 9 septembre 2012, par Salva

Avant 1881, l’arrière grand-père était maréchal-ferrant.
Le grand-père Robert Jean avait fait son apprentissage de bourrelier à Arles en 1870. A cette époque le bourrelier partait en barque sur le Rhône et accostait à proximité des grandes fermes de Camargue. Le propriétaire venait l’attendre avec la jardinière et le bourrelier restait tout le temps nécessaire pour remettre les harnais, traits, brides, colliers , en état.
parallèlement, le bourrelier faisait les selles. Le cheval était alors utilitaire.
Robert Jean vient s’installer à Beaucaire en 1881 et dans la maison, l’atelier actuel en 1882 à l’angle de la rue Nationale et du boulevard des Fontêtes.
En 1886, dans une exposition artisanale, il présente une charrue en
fer et obtient une médaille. Robert Claude, son fils,né en 1886 sera lui aussi bourrelier-sellier. Trés jeune, il apprend le métier et se perfectionne avec les compagnons.

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Beaucaire est aux portes de la Camargue, il travaille pour les manadiers, les gardians, aime les taureaux et confectionne les selles pour Saurel, Plume, gardian chez Pouly, Perrier des Saintes Maries de la Mer, Criquet etc...
Robert Claude suit toute l’évolution du métier. Le cheval était roi, tous les travaux de la ferme lui incombaient et la batellerie sur le Rhône et le canal du Rhône à Sète était encore florissante. Les chemins de halage étaient gonflés d’attelages. Le charroi était toujours en vigueur. En 1930, je me-souviens que le boulanger de Manduel venait jusqu’à la gare de Jonquiéres St Vincent avec un camargue et sa jardinière. Mme Bustin, des Stes Maries de la Mer venait, avec son pére, M.Borel, porter le poisson jusqu’à Beaucaire avec.un attelage.

Les taureaux étaient amenés a pied dans les arènes, accompagnés par quelques cavaliers. Bien sûr, après la guerre de 14-18., le premier char à moteur fit son apparition chez Durand. Entre les deux guerres 14-18 et 39-40, le cheval fut encore le plus fidèle, le plus sûr, le plus précieux compagnon de travail de l’homme de la terre.

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Robert Ernest, né en 1927 va en profiter pour continuer, selon la tradition ancestrale bien établie dans la famille, pour apprendre et perpétuer le métier de bourrelier-sellier. Dés 1943, il travaille dans l’atelier avec son père et deux compagnons.
A son tour, il aimera la Camargue, les taureaux et, bien sûr le cheval.

Dés 1950, il constate la mécanisation de l’agriculture. Le bourrelier a moins de travail, mais le cheval de selle est plus répandu. Le cheval et l’homme cheminent côte à côte depuis la plus haute antiquité. Les armées romaines étaient déjà montées et la cavalerie, durant des siècles, fera gagner ou perdre bien des batailles.
La sellerie sera toujours prospère et l’évolution de la selle sera orientée vers le confort et le soulagement du cheval. Cette histoire de la selle et du cheval Robert Ernest pourrait en parler longtemps, car il est passionné par son métier.
Il a construit depuis longtemps sa première selle.

Une anecdote lui vient à l’esprit. Dans la maison familiale, il y avait une vieille selle. Il l’a démontée, l’a refaite presque entièrement et est allé l’essayer chez son ami Daniel Thibaud. Il l’a laissée à Saliers et lorsqu’il retourne au bout de quelque temps, il ne la revoit pas. Denis lui dit qu’il faut qu’il en fasse une autre, car elle a été vendue à Marcel Mailhan.
Cette fréquentation des manadiers lui permet de récolter les doléances des utilisateurs et de perfectionner, de fignoler le moindre détail, dans le souci du travail bien fait. Les arçons viennent actuellement du Tarn et sont en micocoulier. Le pommeau et le dossier étaient reliés par des pièces de bois à l’origine, puis en fer et le galbe de celui-ci est très étudié. Les sangles, les cartiers, le siège, le troussequin, la croupière, les étriers, le porte-bagage et les sacoches tout est minutieusement étudié, façonné. Le cuir est choisi avec beaucoup d’attention. Ernest se souvient que son père, sur ses vieux jours, éprouvait un plaisir immense à toucher, scruter les plaques de cuir. Celui-ci doit être plus ou moins nourri, plus ou moins sec ou dur, suivant la partie où il est utilisé.

Après des moments de découragement, des difficultés où il fut tenté de se reconvertir définitivement, Robert Ernest est au contraire, reparti avec autant d’enthousiasme. Il a recruté deux bons compagnons et sa joie de continuer est évidente. Outre le cheval, il pense au taureau et parle de faire des emboulages en cuir mieux adaptés.

La selle c’est une œuvre, c’est le bien être du cavalier et sa monture, qui doit souder d’une façon parfaite l’homme et la bête. La selle, cela se soigne, se manie avec précaution, c’est un bien que le cavalier garde jalousement. Robert Ernest est heureux lorsqu’il sait que sa selle sera utilisée par un homme de métier car il ne l’a pas conçue pour de la décoration. "Tu reviendras et je te parlerai de la poésie qu’a engendré la selle .Des vers célèbres qu’il faut réciter. . José d’Arbaud a chanté la selle, mais Robert Ernest lui porte un culte. Certains cavaliers, lorsque leur cheval mourrait, faisaient enterrer celui-ci debout avec la selle.

Robert Ernest, un romantique qui aime son métier, celui de ses ancêtres. Son jeune fils Michel sera-t-il le prochain maillon de la chaîne ?

Première mise en ligne le 23 décembre 2009

P.-S.

Source : Un article de RANC M. paru dans le Camariguo Num : 94

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