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Le sellier de Saint-Laurent. (1985)

dimanche 16 septembre 2012, par Salva

Un sellier dans la tradition.

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Voilà plus de trente ans que cet artisan laborieux contribue à la renommée des selles camarguaises dont il est le spécialiste.
Il faut dire qu’il s’agit-là d’une tradition de famille : son oncle, dès 1900, puis son père, en 1920, lui ont donné le goût de l’ouvrage bien fait. Le travail concernait alors tout ce qui avait trait aux chevaux de labour ; puis, avec leur disparition, on se tourna vers les selles gardianes.

En fait, c’est vers 1856 que sont apparues les premières selles camarguaises. Depuis lors, la technique de travail est demeurée intacte, n’ayant subi aucune évolution.

C’est dans cette maison qui date de 1771 que E. Roux s’applique à sa besogne, avec des gestes rituels, transmis au cours des ans, avec des outils étranges garantis d’époque, qu’il manie avec l’assurance de " l’initié ".
Parmi son abondante panoplie, citons les plus usuels : le repoussoir, qui sert à rembourrer les panneaux ; le passe-corde, utilisé pour glisser les lanières dans les colliers des chevaux. Il est actuellement tombé dans l’oubli, puisque les colliers n’ont plus cours ; mais E. Roux sait tout de même les fabriquer... La molette ; le couteau à couper le cuir ; le pied-de-biche pour retirer les clous ; le couteau demi-lune, pour couper ou amincir le cuir.

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Citons encore une gamme variée d’emporte-pièces (pour placer la boucle de la selle, couper des rondelles, tracer des cercles ; l’emporte-pièces à ondulage...) ; les baccaras, pour adoucir les arêtes du cuir ; les pinces pour coudre, en bois, impressionnnantes, qui maintiennent le cuir tandis que E. Roux perce un trou dans la peau avec une alêne, puis passe le fil de part et d’autre, avec deux aiguilles, travail méticuleux et soigné.

Ici, tout est fait maison... même le fil !... Travaillé avec trois, cinq, six ou sept brins, selon l’usage, il est ensuite enduit de poix.

Dans un coin de l’atelier, la machine à carder attend son heure : le crin de la selle et la laine des panneaux proviendront de son œuvre.

Pas de tape à l’oeil chez E. Roux. Vous trouverez chez lui la bonne selle classique de travail ; ouvragée dans un cuir d’Angleterre épais de un centimètre, elle pèse entre 13 et 14 kg. Tout est "fait-main " du début à la fin, pour assurer une meilleure finition ainsi qu’une solidité plus grande.

Si vous souhaitez acquérir un de ces articles de choix, rendez-vous sur place et prenez-vous y trois ou quatre mois à l’avance — réputation oblige.... même si E. Roux est fidèle à son poste toute la semaine jusqu’au samedi midi ; et s’il ne s’accorde que quinze jours de congés par an (du 15 au 31 août, pour les Fêtes de Saint-Laurent, tout de même...), le travail ne manque pas : confection de selles neuves, mais aussi réparation.

Prévoyez également un prix moyen variant entre 7 et 8 000 F (compte tenu des accessoires : brides, sacoches...)
La notoriété de E. Roux dans le domaine de la selle camarguaise est reconnue depuis fort longtemps. Aussi, sa seule publicité est- elle la satisfaction et la fidélité de ses nombreux clients.

Parmi les plus connus, notons les célèbres manades F. Guillierme, Blatière, Laurent, Espelly, Saumade, Raynaud...

Alors, si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à vous arrêter à Saint-Laurent. Vous pourrez observer le travail d’un artisan fidèle à une tradition sur laquelle les révolutions du progrès technique n’ont pas encore eu de prises.

Première mise en ligne le 12 avril 2009

P.-S.

L’article, texte et photos, est de W. Greatfield, paru dans C.M. en 1985.
Depuis, monsieur Roux a cessé toute activité.

NdT.

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