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Les as du crochet en 1932

avril 1932

vendredi 25 novembre 2016, par Bernard

Pour le Toril N° 346 du 23/04/32

Je ne sais pas exactement de quoi vivent les razeteurs, et je m’empresse même d’ajouter que ça ne me préoccupe guère ; mais je pense que s’ils n’ont gagné, depuis l’ouverture de la saison, que l’argent qu’ils ont enlevé sur la tête des cocardiers, ils ne doivent pas rouler sur l’or. Il faut se demander, en effet, à quoi songent ces artistes du crochet. Depuis le début de la saison, ils n’ont rien mais alors rien foutu du tout, et j’aime mieux leur dire tout de suite que les amateurs de courses libres pourraient bien finir par se fâcher, comme se fâchèrent dimanche dernier, en Arles les amateurs de corrida.
Le cas n’est pas le même, pensera-t-on, sans doute. Pas tout a fait le même, en effet, mais n’oublions pas que certains razeteurs sont a l’heure actuelle, payés avant la course (1) comme le sont les matadors. Et ce ne sont pas les plus payés qui travaillent le plus. J’aime mieux ne pas donner de preuves, pour ne pas fâcher personnes.
A chaque course, les glands, les ficelles et pas mal de cocardes même reviennent au toril. De qui se moque-t-on ? On ne nous fera pas croire que c’est impossible de décoiffer entièrement des cocardiers de deuxième ordre, comme presque tous ceux qui ont paru dans les pistes comme a ce jour. Les razeteurs , les bons et les mauvais, sauf les exceptions qui toujours justifient la règle, ne veulent pas, mais absolument pas travailler. S’il en est ainsi, il n’ont qu’à aller sulfater ou déchausser les vignes.
Dans les petites arènes de courses libres, les broncas s’imposent comme dans les grandes plazas les jours de corridas, nous n’avons pas plus de raison de supporter la paresse des as du crochet que la fainéantise des toreros. Faudra-t-il la aussi se munir de sifflet a roulettes ? C’est honteux de le dire, mais ce sont les modestes, les plus maladroits qui, depuis le début de la saison, nous ont fait le plus de plaisir. Au prix de quels efforts, d’ailleurs, un Merlusse réussit-il à se faire supporter ?
Nous ne voulons pas croire encore qu’une telle attitude est calculée, mettons cela plutôt sur le manque d’entraînement ou le manque de chaleur, mais, de toute façon, nous ne saurions supporter plus longuement sans rouspéter très fort une inertie et un mauvais vouloir évidents qui rendent les courses ternes et monotones.

TAMARISSO

P.-S.

(1) : déjà en 1932

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