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Accueil du site > Notre Patrimoine > La Bouvine > Course et Bouvine : D’où venons-nous ? > 4. Les Hommes qui ont fait la Bouvine. > 3. Raseteurs > Lucien VOLLE

Lucien VOLLE

’’Monsieur Cocarde d’Or’’

dimanche 1er février 2015, par Bernard

Mise à jour du : 1er février 2015 (nouvelles photos)

31 ans de tenue blanche

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Le raseteur Lucien Volle. 1988 (Ph. Robert Faure)

A cette grande compétition où il participa de 1943 à 1955 il y fut très souvent classé :
- 1943 : 3e
- 1946 : 1er
- 1947 : 1er
- 1948 : 1er
- 1949 : 1er
- 1950 : 2e
- 1951 : 1er
- 1952 : 1er
- 1953 : 3e
- 1954 : 2e
- 1955 : 1er

- Donc en 12 années, 11 participations, 7 victoires, 2 fois 2e, 2 fois 3e.
- Un jour de cocarde d’or il faut être calme, attentif et ne négliger personne, il faut prendre les devants, faire la course en tête. C’est psychologique, l’adversaire qui a du retard aura tendance à s’énerver, à rater l’immanquable, chose qu’il ne fera pas un autre jour dans une autre course, il n’y en à qu’un qui a fait mieux que lui, ce fut le très grand Chomel.

- Au palmarès il y eut une domination écrasante des Arlésiens pendant 15 années, avec Volle ; Fidani ; Douleau, André ; Douleau Roger.

- Lucien Volle est né le 20 septembre 1920 à Arles.
- Ses débuts en course emboulée se font alors qu’il a 17 ans, ce jour-là, il enlève les 6 cocardes.

- Ses véritables débuts en blanc se font en 1942, face à des taureaux de Saurel. Un garçon l’a marqué et lui a servi de "mentor" : Jean Boncoeur.
- Une anecdote : alors que Lucien fumait une cigarette à l’entracte , Jean Boncoeur vint la lui arracher énergiquement, et lui dit "on ne fume pas pendant une course". Il ne le lui répéta plus, Lucien s’en tint a cette remarque.

- Arles possédait alors de bons raseteurs, Margaillan, Paulet, Arnaud, Cartier, et les frères Doulaud, que le Club cavaillonnais honore d’un trophée "li Doulaud".

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Cosaque - Volle - Lunel, entre 51 et 56...

- Il ne possédait pas la fougue des Douleau, il était grand fort, donc paraissait lourd, il avait des moyens physiques au-dessus de la moyenne. Il allait à la tête dans le terrain du taureau, et s’échappait par une très bonne détente. Il rasetait a la perfection les cocardiers qui se tenaient le cul à la planche. il aimait les cocardiers qu’il fallait aller chercher comme le dit l’expression. Il fut un homme à coups de barrières. Il y a une collection impressionnante de photos où, arrivé à la barrière, il est dans le berceau des cornes. Il a consommé une quantité impressionnante de pantalons. Une fois, bien qu’étant parti pour une course avec 3 pantalons, il dut aller en emprunter une paire pour pouvoir la finir, c’est dire s’il y a eu des arrivées chaudes. Il a eu des adversaires redoutables ; Sarraïé, Cosaque, Evèque, Régisseur, Brun, Cinq francs, Cafetier, Vanneau, Gandar, Vovo, pour ne citer que les principaux. Ce courage, cette témérité, Volle les paya très cher : plus de 20 blessures !
- La toute première au mas de la Cabanette à Fos chez le manadier Ferraud, coup de corne dans le dos, à Istres à l’épaule, à Beaucaire par Mécano, à Aigues Mortes par Colonial, par Braconnier de Robert, par Bernissois du Marquis, par Gobelet de Thibaud, par Sangar de Laurent à Arles. Mais une en particulier reste dans les mémoires ; celle de Gandar de Blatière à Lunel en 1949 l’intestin fut touché sérieusement.

- Une autre grave blessure fut celle de Desbrouta de Laurent aux Saintes, (...)

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Desbrouta - Volle
Les Saintes-M.
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Une curiosité : la même photo mais colorisée d’époque.

l’avant bras fut traversé de part en part par la corne du taureau, il a été obligé de se décrocher de cette corne tout seul cela s’étant passé pleine piste. Le garçon était solide le lendemain il était sur les gradins de Fourques. Cela ne l’empêcha pas de poursuivre une brillante carrière, hormis ses victoires à la Cocarde d’Or il a inscrit à son palmarès :
- Deux palmes d’or ; le critérium des As à Arles ; et de terminer 3e du trophée des As en 1952 un peu sur sa fin de carrière.

- Ce fut un homme qui a aimé les taureaux. Il allait en manade pour trier parfois les taureaux qu’il allait raseter dans l’après-midi. Puis carrière de raseteur terminée il a été 9 ans gardian à la manade Laurent.

- Il se maria à Fourques, de cette union naquirent 2 enfants, Roger, lui même papa de 2 enfants, et Colette, elle n’avait peur de rien toujours entre les pattes des chevaux. Puis la retraite arrivée il continua d’habiter aux Marquises, il s’occupa des travaux aux champs. Il avait d’autres passions, la chasse, la pêche, un garçon qui a aimé la nature.

- Porter une tenue blanche pendant 31 ans, procure bien des joies, mais aussi quelques malheurs. Tout au long de sa carrière il a été blessé 14 fois par corne plus ou moins grave évidemment, le plus souvent au bras ou à la main. La plus sérieuse lui a été infligée aux arènes de St Gilles par le taureau Carretié de Bilhau avec 3 coups de cornes à la poitrine jusqu’à la plèvre. Une rouste mémorable reçue par Vovo en pleine piste à Lunel en 1951
- Malgré ce, il a toujours été optimiste et a toujours dit ne pas avoir de mauvais souvenirs tant il a aimé la fête, l’ambiance des courses et l’après course.

Les photos suivantes font partie de la collection privée Claude Claron :

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Volle et le Fourcaten

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Le Chin-Cheï à Mouriés

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Sabre à Arles

Première mise en ligne le 7 novembre 2007

P.-S.

Inspiré d’un article de Marcel Pol pour le Camariguo

1.462

32 Messages de forum

  • Lucien VOLLE Le 22 janvier 2015 à 06:38 , par Bernard

    Nous avons reçu des documents photos concernant ce raseteur, documents que je connaissais et que je possède en partie.
    Nous les incorporerons quand cette personne nous autorisera a les publier.

    Nous sommes preneurs de ce genre d’info, souvenir et autres, pour faire perpétuer la mémoire de ces acteurs de la bouvine.

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    • Lucien VOLLE Le 1er février 2015 à 12:44 , par burladeras

      En toute modestie et sans doute par un pur hasard , je vie actuellement dans sa petite maison de campagne qu’il avait acheté en Cevennes (entre st ambroix et besseges).

      Quand le peu d’anciens qui reste la haut me l’ont raconté , je me suis dit : tiens tiens !!!

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      • Lucien VOLLE Le 1er février 2015 à 13:40 , par Salva

        Donc il t’a transmis les endroits où il ramassait les truffes !
        Je comprends mieux ... B-)

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        • Lucien VOLLE Le 1er février 2015 à 20:05 , par burladeras

          Pour les truffes c’est ardu quand même , mais en ayant lu un peu içi , sur ses loisirs , je pencherai plûtot pour la pêche en haute cèze .
          Et sinon , a défaut d’avoir des notifications mails :-P peut être pourrais tu rajouter la fonction " éditer" , pour quand on fait un pavé qu’on envoie et que l’on veut rectifier après (je sais , je suis exigeante ,c’est l’âge :o)

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      • Lucien VOLLE Le 1er février 2015 à 14:12 , par Bernard

        OU là, c’est pas la Camargue ça, Molières su Cèze, Rochesadoule, au dessus des Mages, st Florent, il m’est arrivé de me rendre à Potelières, village ou sont fabriquées les charrues de même nom, une certaine mademoiselle Verrat y a épousé un certain monsieur Gard.

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        • Lucien VOLLE Le 1er février 2015 à 20:08 , par burladeras

          Bernard ,
          pour le prix que j’ai payé ma modeste demeure en Cevennes , en Camargue tu as juste une cage a poules ou un portail d’entrée (boite au lettre comprise quand même ):-))

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        • Lucien VOLLE Le 2 février 2015 à 05:56 , par burladeras

          Bernard ,
          je sais que c’est pas la Camargue , mais ça ne m’empèche pas d’avoir mes origines marsillarguoises , de me taper 600 bornes par semaine (3 courses) pour aller au biou (la majorité des camarguais n’en font pas autan !!!

          la montagne est un choix de qualité de vie (champignons , chataignes , forêts , randonnées , sangliers , chevreuils etc....
          Pour rappel , sur la cote , a part les marais , c’est que des vignes (bonjour la beauté des paysages) et puis au moins chez moi , pas de feu rouge ni de pollution !!!

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  • Lucien VOLLE Le 23 janvier 2015 à 17:06 , par Bernard

    Desbrouta était de la manade Laurent

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    • Lucien VOLLE Le 1er février 2015 à 11:46 , par Liberté

      J’étais à cette course Bernard ! j’avais 7 ans. Je me rappelle avoir trouvé le temps long lorsque VOLLE resta pendu sur la corne, j’en fus très impressionné. J’avais remarqué aussi que les hommes ne pleuraient pas malgré la douleur. Liberté

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  • Lucien VOLLE Le 4 février 2015 à 09:38 , par Jean-Paul.

    Concernant la photo de Mouriès, j’ai la même sur carte postale légendée : "Chin Cheï de Guillierme" et non Cosaque. Alors, quel est vraiment ce taureau ?

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    • Lucien VOLLE Le 4 février 2015 à 14:08 , par Bernard

      Peut être qu’il y a eu plusieurs photos de ce coin d’arène, il s’en ai tellement passé dans ce coin, le même raseteur dans des dates différentes mais avec différents taureaux, possible, le taureau me parait bien "épais" pour un Guillerme, mais !!! est-elle datée ?

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      • Lucien VOLLE Le 5 février 2015 à 06:56 , par Jean-Paul.

        Non Bernard, il s’agit bien de la même photo, même action, mêmes spectateurs, de plus ce taureau a les cornes bien pointues et qui rentrent, Cosaque était embané plus large et comme pas mal de Lafont mogon de la corne gauche. Je ne peux pas affirmer qu’il s’agit de Chin Cheï, ne l’ayant jamais vu, mais cela m’étonnerait beaucoup que ce soit Cosaque.

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  • Lucien VOLLE Le 4 février 2015 à 14:27 , par Bernard

    A supposer que ce soit Cosaque de Lafont, ce taureau fit carrière de 1947 à 1957

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    • Lucien VOLLE Le 7 février 2015 à 09:59 , par Ratis

      Bonjour
      A Mouries le taureau est effectivement Chin-Cheï, certifié au dos de la photo par la dédicace pour Volle le Fourcaten.

      Amistousamen.

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      • Lucien VOLLE Le 7 février 2015 à 10:17 , par Salva

        Merci Ratis pour cette précision.
        Je voudrais remercier tous les participants à cette discussion qui prouvent bien qu’il est possible de discuter sur un forum en bonne intelligence, courtoisement, avec compétence et avec envie.
        Merci à tous !

        Telomèstre.

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  • Lucien VOLLE Le 7 février 2015 à 17:08 , par Bernard

    Parfait ces renseignements, ils apportent un plus, indéniable, ce taureau ne me dit rien, pourtant j’ai fréquenté avec assiduité ces arènes que mes parents adoraient.

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    • Lucien VOLLE Le 7 février 2015 à 17:58 , par Ratis

      Pour Bernard
      Chin-Cheï est né en 1945d’une vache de Rouvillain( ex Granon ) et d’un étalon d’origine Raynaud.

      Il sort à Fourques pour la foire d’octobre 1950:quart d’heure d’un grand intérêt
      6 coups de barrière dont 1 sur Volle, bon nombre d’enfermées sérieuses, il reviendra pour la foire de 1951 et fera de grandes actions sur Falomir qui y laissera son pantalon.

      En 53 il est présent à la finale de la Palme d’Or où il réalisera les plus beaux engagements de l’aprés midi sur Volle.

      En début de saison 54 Fourques qui a maintenant des barrières pleines lui convient parfaitement il est présent dans la Royale ,spectaculaire, il donne alors son nom au club taurin "lou Chin-Cheï" toujours d’actualité dans le village.

      Mais en janvier 55 en descendant du char, il glisse et se luxe la hanche, il est malheureusement perdu pour la course libre.

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      • Lucien VOLLE Le 9 février 2015 à 07:02 , par Bernard

        Celui-là de chin cheï était de Grand -Guillerme, non !

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        • Lucien VOLLE Le 9 février 2015 à 11:09 , par Ratis

          Effectivement Chin-cheï est le surnom d’un ancien gardian, oncle de René Chabaud qui quitte la manade en 49 pour la laisser dans les mains des frères Espelly.

          L’apport du sang Raynaud est essentiel jusqu’en 1949 mais le sang dominant reste celui de l’ancienne race de Combet-Granon d’où les origines de Chin-Cheï d’une vache Rouvillain(ex-Granon) et d’un étalon d’origine Raynaud : Mornes.

          Cependant la manade va s’associer pour un court bail de 49 à 52 avec Gaston Lhoustau, le taureau sortira donc à Fourques avec les manadiers Grand-Guillerme-Lhoustau,

          Je vais faire des recherches car le titre de l’article était : "course de la manade de Saint Andiol".

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          • Lucien VOLLE Le 9 février 2015 à 13:55 , par Ratis

            Les paturages d’hiver avaient lieu au Mas de Saint-Andiol prés d’Albaron ainsi qu’à Fiélouse.

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            • Lucien VOLLE Le 9 février 2015 à 15:24 , par Bernard

              Le mas St Andiol, c’est celui après le mas du Pont De Rousty, vers les Saintes, centre administratif du parc, derrière "l’Oustalet" l’ancien resto de G.Rado, au dessus du Pavillon de Chasse, ou à pâturé le "Languedoc" à coté de Signoret autre pâturage de Guillerme.

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          • Lucien VOLLE Le 9 février 2015 à 15:03 , par Bernard

            Il avait il me semble une fille ce Chabaud, Emilienne, si je ne fais pas erreur.

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            • Lucien VOLLE Le 9 février 2015 à 16:09 , par Ratis

              Je me souviens seulement du café de notre village, ou Fanfonne avait ses habitudes, avoir entendu à propos de Madame Chabaud qu’on la nommait "Tata Jeanne" pour sa grande gentillesse envers les gens de bouvine.

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              • Lucien VOLLE Le 9 février 2015 à 18:12 , par Bernard

                Il avait au moins une fille qui tenait un petit restaurant à Gageron, dans le S tout au ras de la route.

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  • Lucien VOLLE Le 8 février 2015 à 13:53 , par Bernard

    Parfait, des anecdotes comme ça, tant que vous voulez.

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    • Lucien VOLLE Le 10 février 2015 à 17:32 , par burladeras

      Puisque on a droit aux anecdotes , je serais un peu hors sujet mais quelqu’un a évoqué Fanfonne alors j’en ai une sur elle qui me vient de famille (donc véridique)

      A une époque , les gens de bouvine n’étaient pas riches et les hommes ne portaient pas de culotte , c’était les "panels" de leurs chemises qui suppléaient cette fonction .

      Mon arrière arrière grand tante Clothilde était la couturière attitrée de Fanfonne et fabriquait les soutien-gorges de la grande dame , avec les vieux panels des chemises des hommes !!!

      Après avoir soutenu ce a quoi vous pensez , les panels ont soutenus ce que vous pensez également !!! :-O

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  • Lucien VOLLE Le 31 mars 2015 à 11:04 , par delphine volle

    Je suis la petite fille de Lucien.

    Il m’est très agréable de lire toutes ces petites anecdotes.
    Je suis fière de mon grand-père. Grâce à vous je le découvre autrement. Je vous en remercie et continuerai à vous lire.

    J espère vous croiser dimanche et je souhaite que son souvenir reste longtemps dans tous les esprits camarguais.

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    • Lucien VOLLE Le 1er avril 2015 à 20:57 , par Bernard

      Mademoiselle Volle, contactez-nous a cette adresse :

      - info@bouvine.info

      merci d’avance.

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    • Lucien VOLLE Le 2 avril 2015 à 09:08 , par Ratis

      Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour t’adresser une tendre pensée venue du village de ton grand-père ( nous l’avions évoqué ensemble il y a quelques années ) .

      Pascou t’envoie toutes ses amitiés.

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  • Lucien VOLLE Le 31 mars 2015 à 16:12 , par Bernard

    Vous pouvez être fière de votre grand père, voyez combien il a reçu de "post" ou commentaires, cela veut dire qu’il a été un garçon apprécié dans les plans ou pistes

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  • Lucien VOLLE Le 6 avril 2015 à 07:00 , par Bernard

    Je pensais rencontrer mademoiselle Volle a la remise des prix, raté a cause d’un service d’ordre zellé, qui nous a empêché de pouvoir passer par une porte !!!raté, dommage

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  • Lucien VOLLE Le 31 août 2016 à 07:13 , par Bernard

    Je relisais tout ces commentaires, mais il est décédé quand ?

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