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Adieu Dédé

vendredi 28 mars 2014, par Henri Itier
Président FFCC

André Soler est décédé le 7 avril 1998.
Voici les adieux du président de la FFCC de l’époque en ce mois de mai 1998 :

"André Soler nous a quittés le 7 avril dernier (1998 NdR) au terme d’une implacable maladie.

Il était né à Salon de Provence, le 28 juin 1937, puis, sa famille était venue s’installer à Mas Thibert. Ainsi, dès son enfance, le jeune garçon s’est trouvé au contact des taureaux.
A seize ans, il affronte pour la première fois des biòu "corne nue", à Eyguière et à Pélissanne. C’est là que va se décider sa carrière de raseteur et, très vite, ce fils d’immigrés espagnols va devenir pour les afeciouna "l’As des As" mais aussi, simplement et amicalement, Dédé.

En 1955, on parle déjà beaucoup de lui. Mais, dix ans plus tard, le 11 novembre 65 à Lunel, il devra mettre un terme à sa carrière à la suite de séquelles d’une blessure au genou.
Au cours de cette décennie, Dédé aura marqué à tout jamais de son empreinte le monde de la bouvine. Carrière de météore s’il en est !

Passage fulgurant d’un homme avide de mordre à tout, désireux de vivre à fond ses passions et particulièrement celle des taureaux...
Ceux qui l’on vu en piste savent bien que les mots ne suffiront jamais à rappeler les moments d’émotion vécus grâce à lui. Devant les meilleurs cocardiers, Dédé alliait magnifiquement sa puissance physique, sa spontanéité et sa générosité de cœur. Alors, tous les gradins vivaient comme jamais l’intensité de l’affrontement, du contact et de la poursuite. Soler se donnait à fond, faisant fi du danger, ne pensant qu’à vaincre, qu’à se surpasser...

Combien nous faudrait-il de pages pour retracer ces dix ans de bravoure, ponctués de lauriers, de clameurs et d’applaudissements...
Combien nous faudrait-il de temps pour rappeler un formidable palmarès...

Jamais retrouvé depuis, le contexte dans lequel apparut le "Carré d’As" devait permettre à André Soler de s’exprimer mieux encore. En Provence et en Languedoc, dans les grandes pistes mais aussi dans des villages aujourd’hui oubliés de la tauromachie, comme Mireval ou Boisseron, Dédé était égal à lui-même.
Et les après-course des fêtes votives prolongeaient l’amitié et l’estrambord...

Sans vouloir donner dans la gamme passéiste ni dans la critique du temps présent, nous sommes bien obligés de reconnaître que cette époque est révolue. Combien avec nous la regrettent...

Voici ce qu’il en disait :
"L’art du raset s’est terriblement détérioré... Les arènes ont été aménagées pour les hommes... Il existe des taureaux valables qui sont laissés de côté..."
Car André Soler était toujours là lorsqu’il s’agissait de biòu, et ses occupations de manadier ne l’empêchaient pas de se rendre aux arènes... Dans ces arènes où nous ne le verrons plus.

La course continue sans toi, mais toujours avec ton souvenir..."

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