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Où va la course libre ?

vendredi 16 décembre 2016, par Bernard

Article écrit par TAMARISSO pour le Toril N° 300 du 4 oct 1930

" J’ai écrit plusieurs fois :
la course libre devient un spectacle monotone."

Cette monotonie risque de tuer un jeu qui nous est particulièrement cher, parce qu’à son souvenir se rattachent toutes nos traditions sans exception. Si la course libre venait à disparaître, ce serait l’un des plus beaux fleurons de la couronne méridionale qui tomberait.
Il faut donc nous accrocher à notre course et la sauver si possible.
Pour cela, il faut la rendre intéressante et lui donner plus de vie.

Ce qui met de l’entrain a la course, c’est évidemment le razet. Sitôt que le razeteur a disparu du rond, le spectateur s’ennuie et jure de ne pas revenir la prochaine fois .

Comment faire pour obliger le razeteur à travailler pendant 10 ou 12 minutes ?

Des imprésarios ont trouvé la cocarde du garrot. Ceux qui n’ont jamais vu de course libre sauront qu’il s’agit d’enlever la devise qui flotte sur le garrot du taureau.
Cette cocarde, bien plus difficile à cueillir que celle du front, permet de lutter plus longtemps. Voyez combien de garrots reviennent au toril, malgré le travail acharné des razeteurs. Pendant toute la course de la brute, l’attention du spectateur est tenu éveil, et comme pour cueillir les rubans du garrot, le razeteur est obligé de se pencher très en avant entre les cornes de l’animal, il y a, a tous les moments, du danger pour l’homme et c’est surtout cela qu’aimaient les aficionados.
La prime a la cocarde du garrot est donc une excellente chose.

Placée comme elle l’est actuellement, la cocarde du front peut être enlevée assez facilement, la corde qui la tient serrée allant d’une corne à l’autre sur leurs base. Ne pourraient-on pas répartir la prime sur deux cocardes qui seraient attachées à chaque corne du taureau ?

On utilise déjà ce moyen pour les glands.

Ce système demanderait le double de travail, et je ne crois pas me tromper en pensant que que les razeteurs auraient plus de difficultés pour enlever une cocarde attachée à la corne du taureau que pour couper la corde qui est bien placée au milieu du front où le razeteur peut « râteler » à son aise avec son énorme crochet.
Bien entendu, ces combinaisons devraient être employés les jours de course ordinaire., lorsque paraissent des taureaux sérieux, les razeteurs ont assez de difficultés sans qu’il soit nécessaire d’en créer des nouvelles.

Dans votre Toril, nous accepterons et soumettrons toutes les propositions qui nous seront faites pour que puisse renaître la course libre, bien terne et uniforme depuis quelques années.

Si nous laissons faire la SPDA, aidant, la course libre aura bientôt vécu, nous serons privé du spectacle que nous aimons par dessus tout, et nous autoriserons nos adversaires à dire et écrire que ce n’était pas bien difficile de nous vaincre, puisque nous tenions si peu à nos jeux, à nos coutumes régionales, a la course Provençale, a la course libre, base de tous les spectacles tauromachiques.

1 Message

  • Où va la course libre ? Le 17 décembre 2016 à 09:36 , par Liberté

    Le bûcheron et l’ébéniste :

    Depuis que les jeux taurins existent, l’homme a toujours inventé des formes d’affrontement avec le taureau sauvage dont certaines ont été fort heureusement répudiées : le calos-la bédigane-les piques et fourches qui ensanglantaient l’animal dans les plans d’arène et dans les rues...

    Et plus récemment interdit : le garrot qui est une ruse ignoble infligée au taureau pris par traîtrise, jusqu’au taureau à la bourgine qu’on traîne dans les rues avec une corde en plein hiver.

    Depuis que les courses à la cocarde ont été réglementées grâce à des visionnaires à l’origine du trophée taurin (je dis bien à l’origine), le spectacle a tout de suite pris une autre dimension et galvanisé les aféciouna. Mais depuis prés de soixante ans que ce trophée existe sans la moindre amélioration, c’est le côté pervers de la compétition qui l’emporte en favorisant le nombre des attributs acquis au détriment de la qualité.

    N’excluons pas aussi les mentalités changeantes depuis des générations qui creusent encore plus le "chacun pour soi" et l’indifférence affichée de certains acteurs en piste eu égard au public qui paye.

    Avec un même bois, les uns sont bûcherons et d’autres sont ébénistes.

    Comme dans la piste où les uns se foutent et de la bête et du public tandis que d’autres y mettront les formes. Il faudra encore bien d’imagination aux responsables de la course Camarguaise pour la faire perdurer.

    Ce n’est pas le cas pour le moment avec ce qu’il se passe dans toutes nos instances.

    Liberté

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