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La Levée des Tridents (4 / 9) 1697

La journée du 17 novembre

mardi 24 juillet 2012, par Bernard

Dès la première heure l’antique capitale du Languedoc Romain est envahie par une foule énorme, dans laquelle se trouvent représentées toutes les branches de la grande famille aficionada.

Un manifeste en Provençal, avec traduction Française en regard, affiché aux quatre coins de la ville, précise le but et la portée du mouvement ; il rappelle aux populations Méridionales les plus glorieux épisodes de leur histoire, et les exhorte à se montrer dignes des lointains aïeux qui surent défendre jusqu’à la mort leur indépendance et leurs traditions.

Nous en reproduisons ici le texte intégral.

« « Le peuple de la ville de Nîmes et la confédération générale des sociétés taurines du midi, unis dans le souvenir de la vieille devise qui proclamait jadis l’unité et l’indépendance méridionale de Toulouse et d’Avignon au peuple méridional et au Gouvernement de la République Française.

Depuis de nombreuses années, les courses de taureaux, espagnoles, landaises, provençales, sont l’objet des protestations incessantes d’une société fondée à Paris sous la rubrique S.P.D.A..
Cette société ne prétend à rien moins qu’à reformer les moeurs d’une population dont elle dénonce en termes ridiculement indignés, la dépravation, les instincts sanguinaires et pour tout dire la dégénérescence.

Si les insultes dont elle est prodigue devaient se borner à des manifestations oratoires, nous n’opposerions à de semblables débordements qu’un silence dédaigneux et le plus souvent amusé.
Mais les dirigeants de la S.P.D.A. veulent imposer leur manière de voir au gouvernement du pays. Ils intentent contre les organisateurs et les acteurs de nos courses, des poursuites devant les tribunaux.

Les populations du Midi protestent contre de pareils agissements qui sont par eux-mêmes, et quelle que soit leur conclusion devant la loi, néfastes à la paix intérieure du pays et à la bonne entente qui doit régner entre les enfants d’une même nation.

La loi qui clôt en 1920 l’exercice du budget, énumère les courses de taureaux parmi les jeux taxés dont l’Etat français tire des revenus appréciables. Par là même, elle les autorise.

Mais à cet argument d’ordre juridique, s’ajoute un argument d’ordre purement moral, auquel il parait impossible que le gouvernement de la République Française demeure indifférent. _ L’unité française s’est formée au long des siècles par l’abandon en faveur d’une direction unique de libertés et de franchises qui n’étaient pas toujours simplement locales mais parfois nationales.
Ces sacrifices successifs sont, en sorte, le ciment qui a fait d’un pays où tant de races diverses sont mêlées, le bloc dont la cohésion a émerveillé le monde à travers les gloires et les deuils d’une Histoire incomparable.
La nation méridionale, jadis souveraine, a su apporter sa pierre à l’édifice. Elle est devenue, avec cette ardeur qu’elle se fait gloire de mettre dans ses actes, passionnément française : hier encore, lorsque la civilisation latine fut en danger devant les remparts de Verdun, la Provence et le Languedoc, l’Aquitaine, la Gascogne, le Béarn et la Catalogne, tinrent d’un coeur magnifique, le grand flambeau latin qu’ils avaient jadis transmis aux autres peuples de France : Le Midi sut mourir !

Aujourd’hui, les méridionaux n’ont sauvé de leurs vieux usages de peuple libre que leur langue d’Oc et leurs Courses de Taureaux.
Cette langue si souvent menacée et brimée par une coupable et maladroite politique, la voici qui reparaît plus belle que jamais et parée des splendeurs du verbe d’un Mistral. L’unité française n’en a point souffert.
Elle ne souffrira pas davantage du maintien de nos Courses de Taureaux.
Ces jeux ne sont pas pour notre peuple un vain amusement : ils sont le symbole de notre ancienne indépendance. Ils nous rappellent tout ce que nous devons de pieuse affection à la mémoire de nos aïeux.
Nous pensons qu’un pays qui a donné à la France le plus populaire de ses rois : Henry IV, le plus ardent et le premier de ses républicains : Mirabeau, des plus vaillants de ses enfants depuis ce chevalier d’Assas, mort pour son régiment, jusqu’à Joffre et Foch, les sauveurs de la patrie, nous pensons qu’un tel pays a la droit de réclamer pour ses coutumes le respect de toute la nation.

Nous adressons au gouvernement de la République ses justes revendications. Nous voulons aujourd’hui, qu’elles soient reconnues comme notre droit. ""

Signatures de :

- Marqués de Baroncelli-Javon : Majourau dóu Felibrige, Manadié.
- Bernat de Montaut-Manse. Avoucat
- Passemard : Président de la Federatioun di Soucieta Taurino.
- G.Aubry :Président de l’UTN Ancien président de la Federacioun.

Première mise en ligne le 25 janvier 2005

P.-S.

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