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Un évêque aux prés.

par Alain LABORIEUX

lundi 12 janvier 2015, par Archives

C’est avec Quiqueran de Beaujeu, gentilhomme d’Arles et évêque de Sénés que nous allons continuer notre parcours historique de la tauromachie.

Pierre Quiqueran de Beaujeu que nous vous avons déjà présenté, vécut au XVIe siècle et nous a apporté de nombreux témoignages sur la Provence et la Camargue de ce temps. La seconde partie de son livre, "La Provence Louée" nous est ici un guide précieux.

Seize mille taureaux...

La prose de l’évêque de Senès nous paraît parfois empreinte de crédulité et souvent pleine de parti pris. Mais sans doute les chiffres de « quatre mil jumans et seize mil bœufs » sont-ils proches de la réalité pour « l’île seule du terroir d’Arles », c’est à dire la Camargue.
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Quiqueran de Beaujeu s’attarde longuement sur la fureur de ces taureaux et donne quelques conseils à celui qui pourrait être aux prises avec l’un d’eux dans la campagne : « grimper vitement contre un arbre tout proche ou glisser doucement dans un grand, fossé à .sec... »

Ces taureaux vivent alors en toute liberté, même s’ils appartiennent à de riches propriétaires. On apprend que certains en possèdent cent à deux cents, d’autres jusqu’à cinq cents. Pour bien montrer à qui ils appartiennent, on les marque au fer rouge "de deux en deux ou de trois en trois ans".

Quiqueran de Beaujeu décrit la ferrade de ce temps dans les moindres détails, a commencer par le lieu : "On fait élection d’un grand pré où il n’ y ait ni ronces, ni pierres... de quatre mille pas dans tous sens. En l’un des bouts est logé le gros du troupeau et à l’autre on assemble un grand tas de bois pour entretenir un bon feu tout au long de la journée... "

Sautons quelques lignes où l’auteur nous explique que l’on se prête gratuitement la main pour ces ferrades et que certains participants sont à pied et d’autres viennent à cheval.

Plusieurs phrases sont alors consacrées au cheval de Camargue :

"Ils sont légers à la main, si bien dressés qu’ils n’attendent jamais le temps de celui qui leur est dessus. Ils galopent très doucement et d’une justesse admirable ils tournent à toute main ; ils reculent, ils poussent en avant et, avec une gentille passade ils esquivent artistement le heurt de cet animal furieux (le taureau) "

Puis on en vient aux cavaliers. Plusieurs gentilshommes sont invités, d’autres viennent d’eux-mêmes :

"Les uns et les autres semblent être collés sur des chevaux d’élite qu’ils élèvent en grand nombre, pour relayer et s’en servir en ces seules occasions. A mesure que la besogne commence de s’échauffer, ils mettent souvent pied à terre et s’attirent sur les bras tout le travail de cette journée. "

Et l’on apprend que pour être les plus adroits, ils n’hésitent pas à acheter à quel prix que ce soit les meilleurs montures, lorsqu’ils savent qu’il y en a en quelque lieu du pays. L’auteur nous dit pourtant que les cavaliers mettent aussi pied à terre

"Tous ces gens attroupés sont armés d’une même sorte de pique, laquelle est ainsi faite, que pour tant de coups qu’on en rue contre les taureaux, elle ne les offense point... On en a pourtant approuvé l’invention comme la plus propre à pousser et à repousser cet animal... "

En effet, le trident ou ficheron reste toujours en usage ! Nous écouterons bientôt Quiqueran de Beaujeu le décrire tel qu’il était jadis, ainsi que la façon dont on en usait..

Première mise en ligne le 26 septembre 2002

P.-S.

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