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Vie et mort d’un taureau : PROUVENÇO (6/7)

jeudi 6 septembre 2012, par Bernard

Prouvenço est mort le 20 mai 1909 à l’Amarée.

Le marquis de Baroncelli-Javon était absent ; les habitants d’Aimargues réclamèrent Prouvenço avec une grande insistance au baile-gardian "Petite-Biche", pour le dimanche de leur fête votive.
Malgré l’organisation défectueuse du toril d’Aimargues, "Petite-Biche" ne sut pas refuser. En sortant, avec son impétuosité accoutumée, Prouvènço heurta violemment un pilier de la porte et se brisa le sommet de la hanche.
Le soir, quand il regagna la prairie, il traînait affreusement la jambe. Morne, l’œil éteint, il évita la manade, se glissant le long des fossés pour la suivre furtivement. Cependant le Sangar, le Coudoulié, Laietoun, le Bandit, devinant sa faiblesse, venaient le provoquer par des hurlements. Leur meute grossissait chaque matin.
Prouvènço ne refusa pas le combat ; il croisa les cornes avec le Sangar, tandis que les autres faisaient cercle autour d’eux. Mais sa jambe blessée le trahissant, il finit par s’acculer. Contrairement à l’habitude et à toute prévisions, le Sangar, comme saisi d’une crainte superstitieuse, lâcha prise sans profiter de son avantage et les taureaux, qui, dans un cas semblable, se seraient, à l’ordinaire, précipités sur le vaincu, ouvrirent leurs rangs et le laissèrent se retirer. Prouvènço s’enfonça dans les fourrés de roseaux, parmi les fondrières, où l’homme ne peut poser le pied. Toute la nuit, des mas bâtis sur la lisière de la prairie, on entendit ses beuglements s’éloigner.

Deux mois après, un matin, il reparut comme une trombe dans la manade. Entièrement guéri, plus beau que jamais, avec sa fourrure d’hiver souple et brillante, telle du velours, il revenait en maître et la flamme de la vengeance brillait dans ses yeux. Ni le Sangar, ni les autres n’osèrent l’affronter, ils tournèrent sournoisement le dos et reprirent les distances accoutumées. Mais ils n’oublieraient plus désormais que Prouvènço avait failli succomber, et leur vieille haine se décuplait de son retour triomphal et inattendu.

Dans les premiers jours du mois de mai 1909, à Vauvert, Prouvènço fit une course colossale, la plus belle de sa vie, pendant laquelle il blessa grièvement le "Grand-Beaucaire" et qui fut son vrai chant du cygne.

(...)

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Première mise en ligne le 18 octobre 2009

P.-S.

Tiré de l’ouvrage de Jeanne de Flandreyssy
- édité par A. Lemerre en 1911

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