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Si la bouvine m’était contée (11/26)

mercredi 14 octobre 2020, par Bernard

Une étude de Alain Carbonnier

SAISI ET ARRÊTÉ.

En fait, cette loi du 2 juillet 1850 est une loi visant la protection des animaux en général (déjà) et condamnant tous sévices envers eux, les courses de taureaux ne sont pas spécialement visées ( dans la lettre) à moins de prouver que les taureaux sont maltraités durant les courses.

Au début de l’année 1851, les refus d’autorisation des courses se font de plus en plus impératifs.
Le 21 février 1851, trois Marsillarguois, qui voulaient organiser une course pour une caisse de bienfaisance, n’obtiennent qu’un refus catégorique du préfet.
Malgré ce, des courses se déroulent dans de nombreuses localités.

En 1851, l’accident survenu à un « père de famille » grièvement blessé à Milhau, rend la situation encore plus tendue, et le 8 avril 1851, puis le 17 mai de la même année, deux arrêtés, le premier du préfet de l’Hérault, le second de son collègue du Gard, renouvellent l’interdiction formelle des courses de taureaux [1].

Les articles 3 et 7 de l’arrêté du 17 mai sont extrêmement significatifs du ton de ces mesures :

- Article 3 : tous les taureaux sauvages qui seraient rencontrés hors des domaines auxquels ils appartiennent seront immédiatement abattus, à moins que les gardiens ou conducteurs ne soient porteurs de l’autorisation dont il vient d’être parlé ( autorisation de circuler, délivrée par le maire de la commune pour le parcours)

- Article7  : tout individu assistant à une course de taureaux qui n‘obtempèrera pas aux sommations de se retirer, lorsqu’elles auront été faites conformément à la loi du 9 juin 1948, pourra être immédiatement saisi et arrêté, pour être mis à la disposition du Procureur de la République et puni d’emprisonnement en vertu de l’article 1 de la même loi, sans préjudice de plus fortes peines en cas de rébellion ou d’autres délits

Le ministère de l’intérieur approuve entièrement ces mesures et, une semaine après l’arrêté du préfet de l’Hérault, le 15 avril 1851, le ministère lui écrit :
« Ainsi que vous le faites observer avec raison, les courses et les combats d’animaux ne sont propres qu’à inspirer des sentiments de cruauté.
Je ne puis qu’approuver la mesure que vous avez prise à l’effet d’interdire ces divertissements
 » [2].

En fait, si les courses inquiètent le ministère, ce n’est pas tant parce qu’elles inspirent des sentiments de cruauté, mais surtout parce qu’ elles constituent un danger politique.

Notes

[1] Archives départementales de l’Hérault

[2] Archives départementales de l’Hérault

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